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JAMET Roland, Henri, Bertrand, Fernand

Né le 20 février 1911 à Angers (Maine-et-Loire) ; domicilié à Tourouvre (Orne) ; exécuté le 13 août 1944 à Tourouvre.

JAMET Roland, Henri, Bertrand, Fernand // Naissance : 20-2-1911 à Angers (Maine-et-Loire) ; Domicile : Tourouvre Orne () ; Repression : Exécuté le 13-8-1944 à Tourouvre (Orne) ; Décédé

Roland Jamet voit le jour au 39, rue Eblé à Angers au domicile d’un proche de sa mère, Pauline, Joséphine Humeau. En effet, elle réside en 1911 avec son mari Henri, Félix Jamet au 17 rue Keller à Paris dans le 11e arrondissement. Roland Jamet naît dans un milieu familial modeste : son père est ébéniste et sa mère lingère. Le 12 novembre 1920, il est adopté par la nation en raison, vraisemblablement, de la mort son père au combat pendant la Grande Guerre.

Le 4 octobre 1933, Roland Jamet épouse Denise, Armance, Alexandrine Faidy à Breloux-la-Crèche (Deux-Sèvres) puis en secondes noces Madeleine, Marie, Reine Lemaître le 28 novembre 1936 aux Lilas (Seine). En 1944, père de quatre enfants, il est électricien et vit à Tourouvre, un gros bourg rural du Perche ornais.

Début août 1944, les combats font rage dans l’Orne et les troupes allemandes peinent à enrayer l’avancée des forces alliées. Soumise aux attaques de l’aviation et aux opérations d’harcèlement menées par les groupes de FFI, la Wehrmacht subit de nombreuses pertes. Le 12 août 1944, un soldat allemand est tué lors du mitraillage aérien de son véhicule, rempli de matériels et de provisions, au niveau de la rue Mondrel (actuelle rue du Québec) à Tourouvre. Des habitants déposent son corps devant une maison du centre faisant office de Kommandantur. Le lendemain, le 13 août 1944 vers 17h30, les unités allemandes quittent précipitamment les lieux et se replient dans la forêt voisine après un accrochage avec une patrouille d’éclaireurs américains. Vers 19 heures, plusieurs dizaines de soldats de la 12ème division SS Hitlerjungend, dirigée par le capitaine Bör, cantonnée dans la commune voisine de Soligny-la-Trappe, découvrent le corps du soldat allemand gisant devant la Kommandantur et assistent au pillage d’une remorque de provisions laissées par les Allemands dans leur précipitation. Furieux, les soldats SS encerclent les lieux, tirent sur les villageois et décident de faire sortir les habitants de leurs maisons à coups de rafales de mitraillettes et de grenades provoquant la mort de certains de leurs occupants. Des femmes avec leurs enfants, des personnes âgées assistent alors, place de la mairie, à l’exécution publique en guise de représailles de Roland Jamet aux côtés de Raymond Richard Lien interne et d’Armand Bled Lien interne.

Au total, les soldats massacrent 18 personnes, en blessent neuf autres puis incendient 57 maisons. Quatre-vingts Tourouvrains sont alignés contre le mur de l’école de garçons et assistent impuissants à la destruction du bourg avant d’être retenus comme otages au château de la Foucaudière situé à l’orée de la forêt voisine. Comment expliquer un tel déchainement de violence contre des civils non armés ? La population du village est en fait accusée d’être complice des résistants et de la mort du soldat allemand retrouvé gisant devant la Kommandantur. La répression qui s’en suit est l’application des ordres du Maréchal Sperrle datés du 3 février 1944 : toute action maquisarde ou apparentée doit entraîner des représailles à l'encontre de la population civile locale, sans distinction d'âge ni de sexe.

Le boulanger Robert Guerrier, vétéran de la Grande Guerre et ancien prisonnier en Allemagne, réussit pendant la nuit à convaincre les officiers SS que le soldat retrouvé mort a été victime la veille d’une attaque aérienne. Le lendemain matin, le 14 août, les otages sont relâchés mais reçoivent l’ordre de quitter les lieux. Avant de repartir, les soldats allemands font exploser la Kommandantur et relancent l’incendie d’une partie du bourg laissant ainsi 184 habitants sans abri. Tourouvre sera reconstruit à partir de 1947.

Le nom de Roland Jamet figure sur le monument aux morts de Tourouvre.

Sources : SHD-Caen : 21P259110 ; EC (Angers) ; 1944 La Libération du Perche, 2004 ; G. Gosset, 13 août 1944, le massacre de Tourouvre, 2024 ; Les Muséales de Tourouvre, Tourouvre et le Haut-Perche dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, exposition ; tourouvre13aout1944.fr, memorialgenweb.org

Sébastien Beuchet

Mots-clés :

Exécuté
  • 20-2-1911
  • Angers, Maine-et-Loire
  • Tourouvre, Orne
  • 13-8-1944
  • Orne, Orne
Décédé
  • 13-8-1944
  • Tourouvre, Orne
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