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LEBOUCHER Marcel, Léon
Né le 22 avril 1893 à Alençon (Orne) ; domicilié à Caen (Calvados) ; déporté le 23 janvier 1943 à Sachsenhausen ; rescapé.
LEBOUCHER Marcel, Léon // Naissance : 22-4-1893 à Alençon (Orne) ; Domicile : Caen Calvados () ; Repression : Déporté le 23-1-1943 à ; ; Rescapé Sachsenhausen Allemagne
Marcel Leboucher naît à Alençon au domicile de ses parents, 91 Grande Rue. Son père, Jean Louis Leboucher (1859-1936) est pharmacien à Alençon. Sa mère, Louise Alphonsine Marie Deschamps est née le 3 mai 1865 à Alençon ; elle y décède le 16 mai 1930. Ils ont trois garçons, dont l’aîné, Jean Joseph, né en 1887, meurt précocement en 1891.
D’un milieu très croyant, Marcel L. œuvre toute sa jeunesse, puis son adolescence dans le milieu du scoutisme à Alençon. À cette époque, il habite chez ses parents, 118 rue du Mans. Il fait des études de médecine. Il est mobilisé en 1914 comme médecin auxiliaire. Son jeune frère Jean-Marie, né le 11 janvier 1896 à Alençon, s’engage début 1915 mais décède des suites de ses blessures, en décembre 1916.
Marcel Leboucher se marie, à Caen le ler juillet 1918, avec Denise Jeanne Frémont
, née le 7 août 1893 à Paris (Seine). Elle est infirmière de la Croix Rouge et a été
volontaire, pendant toute la guerre, avec son père et sa mère au service de chirurgie
de l’Hôpital, rue de Caponnière à Caen. Entre les deux guerres, Marcel Leboucher et
sa femme habitent rue du Bac à Paris (1921), puis, à partir de 1923, 83 bis rue de
Geôle à Caen. Leur fils Francis Jean naît le 29 juillet 1920 à Caen. Docteur en médecine
puis médecin capitaine ophtalmologiste, il est aussi directeur de la Croix Rouge de
la Jeunesse, pour le Calvados.
Sa maison étant réquisitionnée en 1940, la famille déménage 41 rue de l’église Saint-Julien. Son fils Francis s’engage dans la Marine dès 1939. Marcel Leboucher entre en résistance en octobre 1940, avec sa femme et collaboratrice et rejoint l’OCM. Il transmet aux alliés des renseignements sur les défenses côtières et d’Alençon ainsi que sur les concentrations de péniches allemandes dans la baie de la Seine. Grâce à sa fonction de médecin, il facilite le passage en zone libre de réfractaires au STO.
Après trois perquisitions à son domicile par la Sipo-SD, il est arrêté le 4 novembre 1942 ; sa femme, l’armateur Gaston Lamy, Henri Guibé
et Georges Bâcle
sont également arrêtés. Ils sont incarcérés à Caen, puis à Rouen. Dans la nuit du
19 au 20 janvier, les camarades de cellule de Marcel Leboucher sont conduits au camp
de Royallieu à Compiègne (Oise). Ils y restent du 20 au 23 janvier 1943.
Maurice Leboucher est déporté le 23/24 janvier 1943 avec ses deux amis Georges Bâcle
(mle 58 715), et Henri Guibé (mle 58 781) vers le camp de concentration de Sachsenhausen.
Ces derniers sont envoyés à la baraque N°10 quand il est emmené au Block de quarantaine n°38. Il porte le matricule n° 58 712. Après la quarantaine, il est
affecté à l’« Ambulance », au « complexe » médical dit « Revier » (R), où il est chargé d’examiner les malades souffrant des yeux. Son cabinet avoisine la
salle septique où œuvre Maurice Gallouin
(mle 58 881), – médecin de Rouen- dit « Papa Gallouen » ; il est proche aussi de la
salle aseptique, dirigée depuis mai 1943 par un chirurgien français très réputé, le
Dr Emile Louis Coudert (mle 70 782). Tous trois deviennent amis.
Marcel Leboucher se lève une heure avant les autres pour être prêt à consulter dès que la cloche du réveil sonne. Il doit ensuite se rendre à l’appel ; puis, il soigne les malades. Se privant trop souvent de sa nourriture pour des malades, sa santé se dégrade. Heureusement, il y a les dimanches après-midi où les trois amis se réunissent et partagent leurs colis.
Le 21 avril 1945, c’est l’évacuation du camp. Avec le Dr Coudert, Marcel Leboucher refuse de quitter les quelques 1500 malades du Revier. Le 22 avril, le camp est libéré par un détachement des armées soviétique et polonaise. Les deux médecins sont confinés au Revier avec les malades jusqu’au 24/25 juin 1945 ; ils sont alors autorisés à rapatrier, par deux convois sanitaires, les malades français vers Le Bourget. Marcel Leboucher assure celui du 25. À l’Hôtel Lutétia, il apprend que Denise est revenue de Ravensbrück, que Francis va bien et qu’il est grand-père d’un petit Yann. Son fils, a épousé le 8 décembre 1943, à Glasgow (écossse), Irène Dougherty Mac Laughlin, employée de bureau. Le couple aura quatre autres enfants. Marcel L. écrit et publie en 1950 son témoignage pour ses petits-fils.
La famille réside alors 52 avenue du Général Leclerc à Alençon. Marcel Leboucher décède dans cette ville le 16 mai 1969.
Les rues Jean et Marcel Leboucher à Alençon et Marcel et Francis Leboucher à Caen lui ont été dédiées.
Sources : SHD-Caen : 21 P 588 296 ; Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen, Sachso, au cœur du système concentrationnaire nazi ; M. Leboucher, Souvenirs de bagne d’un grand-père. De Caen à Oranienburg, récit d'un déporté politique, 1950 ; geneanet.org
Claudine Morvan
Mots-clés :
- 22-4-1893
- Alençon, Orne
- Caen, Calvados
- 4-11-1942
- Caen, Calvados
- Caen, Calvados
- Rouen, Seine-inférieure
- Compiègne, Royallieu, Oise
- Sachsenhausen (58712)
- Heinkel (58712)
- Sachsenhausen (58712)
- 22-4-1945
- Sachsenhausen, Allemagne




