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LEMIERE Désiré, Alphonse

Photo : AP Lemière

LEMIERE Désiré, Alphonse

Né le 9 novembre 1897 à Louvières (Calvados) ; domicilié à Vierville-sur-Mer (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen (Calvados)

LEMIERE Désiré, Alphonse // Naissance : 9-11-1897 à Louvières (Calvados) ; Domicile : Vierville sur mer Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Issu d’un milieu social très modeste, son père est journalier et sa mère couturière, Désiré Lemière quitte l’école primaire de Louvières à l’issue du certificat d’études primaires, et apprend le métier de menuisier-charpentier auprès d’un artisan de son village. Exempté de service militaire à cause d’une malformation cardiaque, il s’établit à son compte en 1921 comme charpentier à Louvières, mais l’année suivante, il déménage à Sainte-Honorine-des-Pertes (Calvados) et ouvre un atelier de menuiserie. Le 18 octobre 1924, il se marie à Louvières avec Madeleine Demaine qui lui donne d’abord deux enfants, Simone (1927) et Andrée (1930), nées à Saint-Honorine-des-Pertes. Abandonnant la menuiserie pour l’agriculture, c’est à Vierville-sur-Mer que la famille Lemière s’installe en 1938, changement qui coïncide avec la naissance d’un troisième enfant, un garçon, Marcel (1941), au début de l’Occupation. Comme une partie de ses terres est minée, Désiré Lemière ne peut plus laisser ses vaches dans les champs paître librement. La baisse de son revenu le contraint à chercher une activité complémentaire à son travail d’agriculteur. C’est la raison pour laquelle, il devient facteur auxiliaire à Saint-Laurent-sur-Mer et à Colleville-sur-Mer.

C’est semble-t-il par son collègue Robert Boulard Lien interne, facteur au bureau de poste de Trévières, que Désiré Lemière est recruté dans le réseau Alliance. La facilité de pouvoir circuler en bicyclette dans la zone littorale, sous couvert de distribution du courrier à la population, au plus près des défenses littorales, offre au fonctionnaire des PTT des possibilités de collectes d’informations militaires du plus grand intérêt. Arrêté le 5 mai 1944 par trois agents de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), l’Allemand Herbert von Bertholdi, et deux auxiliaires français, Bernard Desloges et Daniel Collard, Désiré Lemière est brutalement interrogé Rue des Jacobins, au siège de la Gestapo. Incarcéré à la maison d’arrêt de Caen, le père de famille de 47 ans est exécuté le 6 juin 1944, dans une des courettes du quartier allemand de la prison, lâchement assassiné avec 72 autres prisonniers. Son nom est gravé sur plusieurs monuments, à Bayeux sur le monument commémoratif de la Déportation et de la Résistance, sur le bâtiment de la Poste à Caen, aux monuments aux morts de Trévières et de Vierville, ainsi que dans l’église de Saint-André à Vierville. Il figure aussi sur les plaques dédiées au massacre.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P561158 ; SHD-Vincennes : 28P3/71 ; AD14, Louvières, état civil, NMD 1896-1900 ; Sainte-Honorine-des-Pertes, état civil, TD 1923-1932 ; recensements 1921-1926 ; Vierville, état civil, TD 1933-1942 ; recensement 1936 ; registre matricule militaire, classe 1917, matricule n°989 ; 9W70, Procès de la bande à Hervé ; « Témoignage de Simone Lemière » in Les fusillés de la prison de Caen, dvdrom, 2004, J. Vico, J. Quellien, Massacres nazis. Les fusillés de la prison de Caen, 2004 ; G. Caraes, Le réseau Alliance, 2021 ; memorialgenweb.org

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 9-11-1897
  • Louvières, Calvados
  • Vierville sur mer, Calvados
  • 5-5-1944
  • Vierville-sur-Mer, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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