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LOISEAU Serge, Marcel, Jacques

Photo : Archives MRDN

LOISEAU Serge, Marcel, Jacques

Né le 27 octobre 1922 à Livarot (Calvados) ; domicilié à Saint-Martin-de-la-Lieue (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen (Calvados).

LOISEAU Serge, Marcel, Jacques // Naissance : 27-10-1922 à Livarot (Calvados) ; Domicile : Saint-Martin-de-la-Lieue Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Premier enfant de Joseph, chauffeur, et de Henriette Loiseau, mère au foyer, Serge Loiseau grandit à Livarot avec son frère Jacques, de trois ans son cadet.

À 18 ans, il rencontre Fernande Gillet et l’épouse le 18 mars 1941. De cette union, naissent deux enfants. En 1943, Serge Loiseau reçoit une convocation au titre du Service du travail obligatoire pour aller travailler dans une usine en Allemagne. En effet, dans le cadre de la collaboration franco-allemande, tous les jeunes des classes 1940 à 1942 sont réquisitionnés. Le père de famille répond à la convocation qui émane de la préfecture du Calvados et consent à partir Outre-Rhin. Mais se rendant compte du caractère mensonger de la propagande du régime de Vichy, à l’origine de la loi sur le STO du 16 février 1943, et des risques encourus du fait des bombardements alliés de plus en plus fréquents sur les grands centres industriels allemands, il décide, à la faveur d’une permission, de ne pas retourner à son poste. Il part se cacher, avec son frère, dans une ferme de la Barre-en-Ouche (Eure), considéré désormais comme « hors-la-loi », réfractaire au STO.

Le 27 mai 1944, alors qu’il retourne voir ses parents domiciliés à Saint-Martin-de-la-Lieue, il est arrêté dans le village lors d’un contrôle d’identité. Conduit à la Feldgendarmerie de Lisieux, puis transféré à Caen, Serge Loiseau est écroué à la maison d’arrêt, puis abattu par la Gestapo, dans l’une des courettes du quartier allemand, avec 72 autres prisonniers, le 6 juin 1944.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P479551 ; DCAJM-Le Blanc (Indre) : IA/108, archives du tribunal militaire permanent, dossier du tribunal de 1e instance de Caen, déposition du témoin Joseph Loiseau, 30 septembre 1944 ; AD14, Livarot, état civil, NMD, 1922-1923 ; 3348W/1 ; dossier d’enquête sur les prisonniers fusillés de juin 1944, 

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 27-10-1922
  • Livarot, Calvados
  • Saint-Martin-de-la-Lieue, Calvados
  • 21-5-1944
  • Lisieux, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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