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PEREGORT MARTI Pedro
Né le 28 juin 1922 à La Vall de Boí (Espagne) ; domicilié à Lonlay-l’Abbaye (Orne) ; déporté le 11 juillet 1943 à Natzweiler ; rescapé.
PEREGORT MARTI Pedro // Naissance : 28-6-1922 à Bohi (Espagne) ; Domicile : Lonlay-l'Abbaye Orne () ; Repression : Déporté le 11-7-1943 à ; ; Rescapé Allach Allemagne
Pedro Peregort Marti naît à La Vall de Boí, un village de la province de Lérida en Catalogne. Il est le fils de Félicien Peregort et de Conception Marti. En 1938, en pleine guerre civile espagnole, alors qu’il est âgé d’à peine 16 ans, il rejoint les rangs des Jeunesses socialistes unifiées de Catalogne et combat les soldats de Franco. Réfugié en France en février 1939 après son passage par Cerbère (Pyrénées-Orientales) et peu avant la défaite des Républicains, il est placé comme plusieurs de ses compatriotes dans le camp de rassemblement et d'internement pour étrangers de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) avant de rejoindre la Normandie le 22 janvier 1940. Installé à Ger dans la Manche puis à La Forêt-Auvray dans l’Orne, il est employé dans des chantiers de bûcheronnage pour le compte de Monsieur Prod’Homme de Bréel (Orne). En juin 1942, il part pour Rabodanges (Orne) et travaille en forêt pour Monsieur Debiet demeurant à Chênedouit (Orne). En juillet 1942, il rejoint son compatriote et ami José Espeleta Gracia[1744_espeletta-gracia_jose] sur un chantier de forestage à Silly-en-Gouffern où il travaille pour le compte d’un certain Hernandez de Vilaines-la-Juhel (Mayenne).
Les dates de son entrée en résistance divergent selon les sources. L’une d’elles indique son engagement dans les rangs des FTPF en juillet 1941 sous les ordres de Roger Linet. Selon toute vraisemblance, c’est en octobre 1941 qu’il intègre, avec José Espeleta Gracia, l’O.S., « l’Organisation Spéciale » créée par le parti communiste clandestin qui devient le mouvement FTP-MOI début 1942. Il œuvre alors dans le secteur de Flers sous les ordres de Paul Saniez, alias Paulo, chef départemental de l’organisation.
Au cours de l’automne 1941 et de l’hiver 1942, Pedro Peregort Marti participe à la distribution de tracts et de journaux clandestins ainsi qu’à différents sabotages notamment d’éléments de signalisation sur la ligne ferroviaire Paris-Granville. Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1942, avec le soutien de FTP parisiens, Pedro Peregort Marti et José Espeleta Gracia récupèrent à la mine de St-Clair-de-Halouze 300 kg de dynamite et des armes allemandes et assurent leur transport jusqu’à Paris.
En décembre, recherché par la Sipo-SD et la police française pour le vol des explosifs à la mine de St-Clair-de-Halouze, Pedro Peregort Marti décide de trouver refuge dans la région parisienne tandis que José Espeleta Gracia, également recherché, rejoint des membres de sa famille dans l’Yonne. Ce dernier est malheureusement arrêté le 2 février 1943 par des policiers allemands et des gendarmes français. De retour dans l’Orne, Pedro Peregort Marti reçoit l’ordre de Paul Saniez d’aller chercher les armes cachées au domicile yonnais de José Espeleta Gracia ayant échappées à la perquisition. En mars 1943, il participe avec ses camarades FTPF du Mans à un attentat contre un bureau manceau de la LVF.
De retour à Flers, craignant d’être arrêté car activement recherché, il décide de se camoufler dans une maison située à Lonlay-l’Abbaye. Le 3 mai 1943, peu après un transport d’armes et de dynamite, il est interpellé par des gendarmes de la brigade de Domfront (Orne) tandis qu’il rentre à son domicile. Son interpellation survient à la suite d'interrogatoires de camarades arrêtés. Pedro Peregort Marti est transféré le lendemain à Flers et livré aux Brigades mobiles de sécurité de Paris qui le soumettent à des interrogatoires musclés avant de le conduire, quelques jours plus tard, au siège de la Gestapo rue des Saussaies à Paris (8e) où il est de nouveau violemment questionné. Il est ensuite transféré à une date indéterminée dans le quartier allemand de la prison de Fresnes.
Le 11 juillet 1943, Pedro Peregort Marti est dirigé depuis la gare de l’Est à Paris, avec 55 autres déportés de statut NN (Nacht und Nebel) dont 23 FTP parmi lesquels José Espeleta Gracia et Roger Linet, vers le KL Natzweiler-Struthof (mle 4 491) où sont enfermés au secret les opposants politiques et les résistants classés sous ce statut. Le 5 septembre 1944, tandis que la ligne de front se rapproche rapidement du camp, les détenus sont évacués en urgence par convoi ferroviaire vers Dachau (mle 101 700). Trois jours plus tard, Pedro Peregort Marti est affecté au Kommando de Allach dans lequel les prisonniers sont employés dans une usine de moteurs d’avions appartenant à la firme BMW. C’est là qu’il est libéré le 30 avril 1945. Un mois plus tard, il est rapatrié par le centre d’accueil frontalier de Strasbourg. Après son retour, il s’installe au 22 rue de Paris à Charenton (Seine).
Pedro Peregort Marti est mort à l’âge de 87 ans le 3 décembre 2009 à Bruges en Gironde.
Sources : Archives Arolsen ; SHD-Caen : 21 P 657407 ; SHD-Vincennes : 16 P 466026 ; AD 61 : 1 W 38 : Bermejo Benito, Checa Sandra, Libro memorial: españoles deportados a los campos nazis (1940-1945), Madrid, Ministerio de Cultura, 2006, p. 319 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; fusilles-40-44.maitron.fr, banc.memoria.gencat.cat, deces.matchid.io
Sébastien Beuchet
Mots-clés :
- 28-6-1922
- Bohi, Espagne
- Lonlay-l'Abbaye, Orne
- 3-5-1943
- Lonlay-l'Abbaye, Orne
- Fresnes, Seine
- Natzweiler (4491)
- Dachau (101700)
- Allach (101700)
- 30-4-1945
- Allach, Allemagne




