
SAIDEMANN Rachel
Née le 26 avril 1916 à Paris 4e ; domiciliée à Caen (Calvados) ; déportée le 3 février 1944 à Auschwitz-Birkenau ; décédée le 25 février 1945 à Raguhn.
SAIDEMANN Rachel // Naissance : 26-4-1916 à Paris (Seine) ; Domicile : Caen Calvados () ; Repression : Déportée le 3-2-1944 à ; 25-2-1945 à Raguhn (Allemagne) ; Assassinée
Rachel Ertstein est née le 26 avril 1916 à Paris de Foëlle Ertstein (l’âge indiqué sur l’acte de naissance, 37 ans, ne correspond pas à la date de naissance de Foëlle qui à cette date avait 31 ans) et de « père non dénommé ». Aron Saidemann, domicilié à la même adresse que la mère, 26 rue de l’Hôtel de Ville, dit avoir été témoin de l’accouchement. Il ne reconnait l’enfant que le 14 décembre 1927. Plus curieux, Rachel sera « reconnue » par Hana Feiga Ertstein le 30 octobre 1931 soit quelques jours avant son mariage avec Aron Saidemann célébré le 3 novembre 1931 à Paris 4e. Pourquoi une reconnaissance s’il ne s’agit que d’un changement de prénom ?
Rachel habite rue Charlemagne avec ses frères et sœurs et est la dernière à quitter le domicile familial. Elle se marie en 1934 à 18 ans avec André Bance, catholique, architecte, né à Caen. Le 20 août 1935 naît Jean-Pierre Bance, leur petit garçon.
André Bance est mobilisé dès le début de la guerre et il est fait prisonnier au Stalag XVII A en Autriche. Le couple divorce « à la requête et au profit exclusif de Monsieur Bance » le 25 juin 1941. Et André Bance, note le service des Affaire juives, « se plaint de ce que son ex-femme se fasse encore appeler Madame Bance, alors qu’elle n’y a plus droit. »
Alors Rachel décide, comme ses parents, de partir en zone libre. L’enfant est confié à sa grand-mère paternelle. Le périple de Rachel qui veut rejoindre ses parents à Toulouse (Huaute-Garonne) – elle ne sait pas que sa mère n’y arrivera jamais – est rempli d’embûches selon l’enquête réalisée Jean-François Faye pour l’association Maurice Vissa. Arrêtée à Nice et condamnée pour présentation de fausse carte d’identité, elle est libérée deux mois plus tard le 8 août 43. Elle n’était pas aux mains de la police allemande mais entre celles de l’autorité française. Mais la Sipo-SD entre à Nice en septembre 43 et Rachel fuit à nouveau et se retrouve à Lyon (Rhône) où elle est raflée. Elle est transférée le 20 janvier 1944 au camp d’internement des populations juives de Drancy, déportée par le convoi n° 67 du 3 février 1944 en direction d’Auschwitz-Birkenau. Après un an passé à Auschwitz à travailler, Rachel Saidemann est transférée au camp de concentration de Buchenwald puis à celui de Bergen-Belsen et de nouveau à Buchenwald. Elle est envoyée ensuite au Kommando de Raguhn le 3 février 1945 pour travailler à la fabrication de pièces d’armes et d’avions. Elle meurt en proie à une crise de folie et sera probablement achevée par les allemands le 25 février 1945.
Sources : SHD-Caen : 21P537900, AD14 : 619W, affaires juives, dossier Saidemann, Caen : état civil, mariages 1934, décès 1951, recensement 1931,1936 ; AM (Paris) : état civil naissances 1916, mariages 1931, J. Quellien (dir.), Livre Mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados 2004, p. 215 ; association-maurice-vissa.fr , memorialdelashoah.org
Chantal Meyer-Plantureux
Mots-clés :
- 26-4-1916
- Paris, Seine
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