
BOROCHOWITCH, Lazare
Né le 13 mars 1882 à Temriouk (Russie) ; domicilié à Beuville (Calvados) ; déporté le 3 février 1944 à Auschwitz-Birkenau ; assassiné.
BOROCHOWITCH, Lazare // Naissance : 13-3-1882 à Temriouk (Russie) ; Domicile : Beuville Calvados () ; Repression : Déporté le 3-2-1944 à ; ; Assassiné
Lazare Borochowitch (parfois orthographié Borocowitch) est né le 16 mars 1882 à Temriouk (Temryuk) en Russie. Il est le fils de Jacob Borochowitch et de Marie Levine. La famille émigre en France en 1886 après la naissance de leur deuxième fils, Jules, né lui aussi à Temriouk en 1885 ; leurs fils Léon en 1894 et Robert en 1896 naissent tous les deux à Paris.
Lazare Borochowitch s’engage comme volontaire dans la Légion étrangère durant la guerre de 1914. Le soldat n’a pas démérité puis qu’il reçoit la Croix du combattant volontaire avec citation : « bon soldat d’un courage et d’un dévouement exemplaires. Brillante conduite au feu pendant l’attaque du 4 juillet 1916 [Verdun] au cours de laquelle il a été blessé ».
Le 7 avril 1938, 8Lazare Borochowitch épouse à Paris Camille Sulzer
, de nationalité française, née à Mulhouse le 1er février 1901. Le couple a déjà une petite fille née en 1932. Lazare Borochowitch
est fourreur et s’installe avec sa famille à Beuville (Calvados), une petite ville
à quelques kilomètres au nord de Caen. Depuis les lois antisémites d’octobre 1940,
l’artisan doit travailler à domicile, sans contact avec le public, comme l’exigent
les Occupants. Il obtient néanmoins l’autorisation d’aller deux fois par semaine à
Caen pour livrer le travail effectué et être réglé par son employeur la Maison Dauphin
située rue du Général Decaen.
Lazare Borochowitch est arrêté une première fois le 8 mai 1942 en représailles aux attentats d’Airan. De fait, les sabotages des voies ferrées avaient provoqué le déraillement de deux trains de permissionnaires allemands et la mort d’une trentaine de soldats allemandes. Les représailles avaient été sans précédent dans le Calvados : de nombreuses fusillades et 84 otages, communistes et juifs, qui résidaient à Caen avaient été déportés. Accusé d’avoir des contacts avec les communistes, Lazare Borochowitch avait cependant été épargné. Mais le 20 février 1943, il est arrêté une deuxième fois et est transféré au Frontstalag 122, à Royallieu, quartier allemand du camp d’internement de Compiègne dans l’Oise. Malade, il est admis à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce puis renvoyé chez lui à Beuville jusqu’à ce qu’il soit victime d’une nouvelle arrestation. Avec sa femme Camille, il est raflé le 24 novembre 1943 lors de l’opération des autorités allemandes qui prévoit l’« évacuation des Juifs de Normandie ». Lazare Borochowitch est alors transféré au château de Grignon à Orly avant d’être convoyé le 27 janvier 1944 vers le camp d’internement des populations juives à Drancy puis déporté au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau le 3 février 1944 par le convoi 67 où il est assassiné. Son décès a été fixé administrativement au 8 février 1944 car la presque totalité des 1200 déportés du convoi (à l’exception de 215 hommes et femmes qui ont été sélectionnés pour les travaux forcés) ont été gazés dès leur arrivée.
Son frère Léon sera le tuteur de la fillette du couple qui, elle, n’a pas été déportée.
La mémoire de Lazare Borochowitch est honorée sur le monument aux morts de Biéville-Beuville, au Château de Grignon à Orly, et sur le mur des noms du Mémorial de la Shoah à Paris
Sources SHD : 21P247652 ; AD14 : 619W, dossier « Affaires juives », Y. Lecouturier, Shoah en Normandie , 2004, Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados , Archives du Calvados, 2004, AFMD : Le Château de Grignon à Orly. J. Quellien, Livre mémorial des victimes du nazisme en Normandie, 2004, p. 36 ; Y. Lecouturier, Shoah en Normandie, 2004, p. 44 ; memorialgenweb.org
Chantal Meyer-Plantureux
Mots-clés :
- 13-3-1882
- Temriouk, Russie
- Beuville, Calvados
- 24-11-1943
- Beuville, Calvados
- Orly, Château de Grignon, Seine
- Drancy, Seine
- Auschwitz
- Auschwitz, Pologne




