Soutenance de thèse de Léna Jégat
29 juin 2026 · 14h00 – 18h00
« Des jardins ouvriers aux jardins familiaux : des espaces toujours populaires ? Une géographie sociale des lotissements de jardins », sous la direction de Philippe Madeline et Maxime Marie (ESO-Caen)
Résumé. Hérités des politiques paternalistes de la fin du XIXe siècle, les lotissements de jardins sont historiquement des espaces du surtravail domestique des ménages ouvriers. Dans un contexte néolibéral, ils sont aujourd’hui assimilés à l’agriculture urbaine et intégrés aux politiques publiques environnementales et alimentaires. Cette thèse propose d’en interroger les usages, représentations, appropriations et la manière dont les rapports sociaux qui y prennent place les structurent. La réflexion est articulée autour de trois axes d’analyses : l’action publique locale, la sociologie des personnes usagères et les pratiques jardinières, avec une attention particulière pour la fonction alimentaire. Organisé autour de trois échelles – la ville, les lotissements de jardins et les parcelles individuelles – le travail de recherche donne à voir les transformations socio-spatiales de ces espaces. Celui-ci s’appuie sur l’hypothèse que les lotissements de jardins sont travaillés par un processus de gentrification, qui passe par leur esthétisation selon les normes dominantes, au nom de leurs fonctions environnementales, écologiques et paysagères. Inscrite dans une démarche de géographie sociale, cette thèse combine des matériaux issus de méthodes qualitatives et quantitatives (méthodologie mixte). Un travail d’analyse spatiale à échelle fine (analyse diachronique des surfaces cultivées et de l’occupation du sol des parcelles individuelles) est ainsi croisé avec plusieurs enquêtes de terrain (questionnaires, carnets de récoltes et entretiens) auprès d’une diversité d’acteurs (personnes jardinières, responsables associatifs, élus locaux et agents de l’action publique locale). Afin d’interroger l’objet lotissements de jardins dans des contextes de villes petites et moyennes, jusque-là peu étudiés, la thèse porte sur trois terrains d’étude normands (France) : les agglomérations de Rouen, Caen et Alençon.
Le jury sera composé de :
– Sophie Blanchard, maîtresse de conférences (Université Paris Est Créteil), examinatrice
– Jean-Noël Consalès, professeur des universités (Université Lyon 2), rapporteur
– Arnaud Frauenfelder, professeur ordinaire (Haute école du travail social de Genève), examinateur
– Nathan McClintock, professeur-chercheur (INRS), examinateur
– Geneviève Pierre, professeure des universités (Université d’Orléans), rapportrice
Pour les personnes qui souhaiteraient assister à distance, vous pouvez me contacter afin que je vous transmette le lien visio quelques jours avant la soutenance.
Afin de pouvoir organiser au mieux la salle et le pot, je vous remercie de bien vouloir me faire part de votre présence en me contactant par retour mail : lena.jegat@unicaen.fr
