
Photo : SHD-Caen
ACCOULON Louis, Jules, Édouard
Né le 30 mars 1909 à Gruchet-le-Valasse (Seine-Inférieure) ; domicilié à Bolbec (Seine-Inférieure) ; déporté le 17 janvier 1944 à Buchenwald ; rescapé.
ACCOULON Louis, Jules, Édouard // Naissance : 30-3-1909 à Gruchet-le-Valasse (Seine-Inférieure) ; Domicile : Bolbec Seine-Inférieure () ; Repression : Déporté le 17-1-1944 à ; ; Rescapé NA NA
Louis Accoulon est le fils de Jules Accoulon et d’Ismérie Fleury, tous deux « ouvriers
de fabrique » tel que l’acte de naissance le mentionne. Dès la fin de sa scolarité,
Louis prend le chemin de l’usine textile Desgenétais à Bolbec et est affecté au tissage.
Célibataire, il demeure 35 rue Fauquet Fichet à Bolbec, chez sa mère, veuve depuis
1939. Son frère, Lucien, beaucoup plus jeune, est né en 1920 et au moment de l’Occupation,
devient réfractaire au STO. Membre de la cellule du Parti communiste de Bolbec depuis
les années 1930 et syndicaliste, l’ouvrier est délégué du personnel et prend part
aux grèves de 1936 et 1938 dans l’entreprise. Pour ses employeurs, il est « un individu
dangereux ». En janvier 1939, il est le candidat communiste à des élections municipales
partielles de Bolbec. En septembre 1939, il n’est pas mobilisé à cause d’une gibbosité.
Dès juillet 1940, il intègre le patriotisme dans son militantisme et diffuse des tracts
et des journaux clandestins. En mai 1941, il entre au Front national avec Gaston Mallard
, Louis Daens
, Bernard Mazé
, se livre à « une intense propagande » dans la commune et organise la résistance
dans les entreprises de la région. En lien avec les groupes de lutte armée communistes,
il transporte des armes et sert d’agent de la liaison.
Étroitement surveillé par le commissariat de police de Bolbec et la police spéciale du Havre, l’activiste est arrêté le 22 octobre 1941 à son domicile par le commissaire de police et le chef de la brigade de gendarmerie de Bolbec. Des jeunes militants communistes sont arrêtés en même temps que lui : Henri Barrois, André Belhache, Bernard Coste, Charles Dossemont, libérés un mois après, et Maurice Cramoizen. Louis Accoulon est conduit dès le 22 octobre 1941 à la maison d’arrêt du Havre (Seine-Inférieure). Puis le 22 décembre 1941, via Rouen, il est transféré au camp de Royallieu à Compiègne où il est interné deux ans (mle 2289).
A l’occasion de la libération de jeunes communistes et appuyée par le maire de Bolbec, sa mère écrit quatre lettres au préfet pour solliciter son intervention, soulignant les problèmes de santé de son fils, aggravés par une pleurésie contractée en 1941. Elle fait aussi une requête au gouvernement de Vichy. Très réservé, le préfet fait toutefois une démarche de libération auprès de la Kommandantur de Rouen le 19 avril 1943. La réponse est un refus catégorique. En fait, le sort de Louis Accoulon est scellé depuis la constitution d’une liste de communistes internés par les services français, à la demande des hautes autorités allemandes et remise par le préfet le 2 novembre 1941.
Depuis Compiègne, il est déporté le 17 janvier 1944 au camp de concentration de Buchenwald. Arrivé le 19 janvier (mle 39 916), le nouvel arrivant est mis en quarantaine dans le Block 59 du petit camp, puis rejoint le Block 31 du grand camp. Il reste au camp principal et travaille dans divers kommandos intérieurs, au garage de la Kommandantur (9 mars), au déchargement des wagons à la gare du camp (14 avril) et à l’usine Gustloff Werk II (20 avril) ainsi qu’aux corvées de bois de chauffage (2 septembre) ou encore au raccommodage des chaussettes (28 septembre) où échouent les détenus dans l’incapacité de travailler.
Il est évacué le 8 avril 1945 avec des milliers de détenus de Blocks du grand camp. Au cours de cette opération qu’il qualifie de « colonne d’extermination », les hommes sont emmenés en camion ou en train et à pied vers un autre camp ou assassinés. Après une halte à Flossenbürg, il est libéré le 23 avril 1945 par la 11e Brigade blindée canadienne et rapatrié le 19 mai 1945.
Louis Accoulon est reconnu déporté politique. Il est décédé le 13 août 1958 à Bolbec, de maladies aggravées par la déportation.
Sources : Arolsen Archives ; SHD-Caen : 21P695484 ; SHD-Vincennes : 16P2244 ; AD76 : 51W410, 51W427 (listes), 4090W2 ; EC (Gruchet-le-Valasse) ; asso-buchenwald-dora.com ; maitron.fr
Chantal Cormont
Mots-clés :
- 30-3-1909
- Gruchet-le-Valasse, Seine-Inférieure
- Bolbec, Seine-Inférieure
- 22-10-1941
- Bolbec, Seine-Inférieure
- Bolbec, Gendarmerie, Seine-Inférieure
- Le Havre, Seine-inférieure
- Compiègne, Royallieu, Oise (2289)
- Buchenwald (39916)
- 23-4-1945




