
Photo : AP E. Fritier
FRITIER André, Henri, Georges
Né le 31 mai 1922 à Bosc-Roger-sur-Buchy (Seine-Inférieure) ; domicilié à Darnétal (Seine-Inférieure) ; déporté le 22 mars 1944 à Mauthausen ; rescapé.
FRITIER André, Henri, Georges // Naissance : 31-5-1922 à Bosc-Roger-sur-Buchy (Seine-Inférieure) ; Domicile : Darnétal Seine-Inférieure () ; Repression : Déporté le 22-3-1944 à ; ; Rescapé Loibl Pass Autriche
André Fritier est le fils de Benjamin Fritier, employé de chemin de fer, et d’Anne
Schmidt, demeurant au hameau de la Fresnaye à Bosc-Roger-sur-Buchy. Employé comme
aide monteur en chauffage central aux Établissements Germain et Morel à Rouen (Seine-Inférieure),
il élit domicile chez son frère, Roland Fritier, 2 rue Pierre Lefebvre à Darnétal.
En avril 1942, il rejoint le Front national, implanté dans cette commune. Il est alors
chargé de distribuer des tracts reçus d’un militant communiste rouennais, Jean Douis
. Alors qu’il opérait sa première distribution, rue de la Vicomté à Rouen, à la volée
depuis l’arrière de la camionnette de son patron, il est dénoncé par un passant qui
relève l’immatriculation du véhicule. Il est arrêté le 21 avril 1942 à son travail
par la police de sûreté du commissariat de Rouen. Peu aguerri, il révèle la provenance
des tracts, causant l’arrestation de camarades militants : Jean Douis, Jacques Baudelot
, Julien Gentil
, Jean Guilloux
. Faisant l’objet d’un mandat de dépôt établi par le juge d’instruction, il est interné
à la prison Bonne-Nouvelle à Rouen le 23 avril et jugé le 21 mai 1942 avec ses camarades
par la Section spéciale de la cour d’appel de Rouen. Reconnu coupable d’avoir détenu
et distribué des tracts, « dans une intention d’activité communiste », il est condamné
à deux ans d’emprisonnement et 1200 francs d’amende.
Il est transféré à la centrale de Poissy le 15 juin 1942, puis à la « maison de correction » de Blois le 16 septembre 1943. À l’approche de la date à laquelle il est libérable (23 avril 1944), l’opportunité de sa libération est examinée par les autorités françaises. Le rapport de la police de sûreté de Rouen du 10 mars 1944 note qu’André Fritier n’est qu’un « comparse » et « non un militant dangereux ». Le préfet de Seine-Inférieure en tire la conclusion que sa libération est envisageable « sans inconvénient ».
Mais les autorités allemandes en ont déjà décidé autrement. Le 18 février 1944, André Fritier a été transféré au camp de Royallieu à Compiègne (mle 27 768) d’où il est déporté le 22 mars 1944 à Mauthausen (mle 59 949). Le 22 juillet 1944, il est sélectionné pour le Kommando du Loibl-Pass (Ljubelj en Slovénie) dépendant de Mauthausen. Là, les déportés sont utilisés pour creuser un tunnel stratégique dans la montagne entre l’Autriche et la Slovénie, dans des conditions difficiles.
Libéré le 8 mai 1945, du côté autrichien, par les partisans du maréchal Tito, il décide alors de combattre avec les patriotes yougoslaves et s’engage dans la Brigade Liberté, unité combattante formée avec une centaine de déportés de son Kommando. Le 19 juin 1945, il est rapatrié par le centre de Mulhouse avec les autres combattants.
A son retour, il devient secrétaire de la cellule communiste de Bosc-Roger-sur-Buchy. Il est reconnu déporté politique. André Fritier est décédé le 20 juillet 1998 à Petit-Quevilly (Seine-Maritime).
Sources : SHD-Caen : 21P609491 ; SHD-Vincennes : 16P235736 ; AD76 : 51W415, 51W427 (listé), 3677W147, 2924W31 ; EC (Bosc-Roger-sur-Buchy) ; Monument III Mauthausen ; leloiblpass.wordpress.com
Chantal Cormont
Mots-clés :
- 31-5-1922
- Bosc-Roger-sur-Buchy, Seine-Inférieure
- Darnétal, Seine-Inférieure
- 21-4-1942
- Rouen, Seine-Inférieure
- Rouen, Seine-Inférieure
- Poissy, Seine-et-Oise
- Blois, Loir-et-Cher
- Compiègne, Oise (27768)
- Mauthausen (59949)
- Loibl Pass (59949)
- 8-5-1945
- Loibl Pass, Autriche




