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LELIEVRE Pierre, Émile, Henri, Joseph

Photo : ONaCVG

LELIEVRE Pierre, Émile, Henri, Joseph

Né le 19 mars 1921 à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Inférieure) ; domicilié à Hermanville (Seine-Inférieure) ; déporté le 7 septembre 1944 à Dresden ; rescapé.

LELIEVRE Pierre, Émile, Henri, Joseph // Naissance : 19-3-1921 à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Inférieure) ; Domicile : Notre-Dame-de-Gravenchon Seine-Inférieure () ; Repression : Arrêté au sein du Reich le 7-9-1944 à  ; Rescapé Buchenwald Allemagne

Pierre Lelièvre est le fils d’Émile Lelièvre et de Françoise Denis, cultivateurs à Notre-Dame-de-Gravenchon. Après des études à l’École normale de Rouen de1939 à 1942, il devient instituteur à Hermanville. En juin 1943, il est requis au STO au titre de la classe 1941, n’ayant pas réussi à se faire réformer.

L’instituteur est envoyé le 29 juin 1943 à Dresden (Saxe) où il travaille comme chauffeur-livreur pour l’usine de boutons Koh-I-Noor. Cette fonction lui permet de rentrer dans la prison centrale de Dresden pour livrer les boutons que les détenus sertissent. Il approche ainsi des prisonniers français et accepte de sortir des lettres. A la suite d’une dénonciation, la Gestapo intercepte une lettre où il est question d’évasion… Et provoque son arrestation le 7 septembre 1944 à l’usine de boutons, en présence de plusieurs requis français. Interrogé par le chef du bureau 95 de la Gestapo de Dresden, il est condamné à la détention à vie. Incarcéré à la prison centrale de la ville, il accomplit des travaux forcés au camp de Carolabrücke à Dresden jusqu’au 6 novembre 1944. Puis il est envoyé au camp préventif de Brüx (mle 15 629), dans les Sudètes. Détenu jusqu’au 3 février 1945, il fait surtout du terrassement pour une usine d’essence synthétique, dans un environnement toxique. Les terribles conditions de vie du camp sont aggravées par le froid de l’hiver 1944-1945. Après le bombardement de l’usine et du camp le 16 janvier 1945, faisant de nombreuses victimes qu’il doit dégager, il est affecté aux travaux de déminage. Il est ensuite emmené en wagon cellulaire au camp de concentration de Buchenwald où il arrive le 9 février 1945 (mle 67521). Il est affecté au Block 48 et pendant deux semaines, il fait des travaux de déblaiement à Weimar sous la garde de Schupos. Au camp, il croise Georges Brutelle Lien interne et Yves Boulongne Lien interne, anciens normaliens de Rouen qui le réconfortent. Puis il est envoyé le 23 février au Kommando de Bad Salzungen pour aménager une usine souterraine dans une mine de sel, sans remonter pendant six semaines. Lorsque le site est évacué le 6 avril 1945, il revient à Buchenwald dans un état d’épuisement total, après une marche forcée et à cause de la dysenterie. La libération du camp par les Américains le 11 avril 1945 le sauve. Il est rapatrié en France le 29 avril 1945.

Il reprend son métier d’instituteur, se marie en juillet 1946 avec Janine Ferrand. Il est reconnu déporté politique, mais sa demande de reconnaissance de « personne contrainte au travail en pays ennemi » est rejetée faute d’avoir fourni tous les justificatifs

Pierre Lelièvre est décédé à Lillebonne (Seine-Maritime) le 16 juillet 2017.

Sources : Arolsen archives ; AD76 : 3868W61, 4691W40 ; EC (Notre-Dame de Gravenchon) ; La Résistance dans notre région, par le collège Roncherolles de Bolbec, p. 91-97 ; asso-buchenwald.dora.com, stalag4c.blogspot.com

Chantal Cormont

Mots-clés :

Arrêté au sein du Reich
  • 19-3-1921
  • Notre-Dame-de-Gravenchon, Seine-Inférieure
  • Notre-Dame-de-Gravenchon, Seine-Inférieure
  • 7-9-1944
  • Dresden, Reich
NA
  1. Dresden
  2. Brüx
  3. Buchenwald (67521)
Rescapé
  • 11-4-1945
  • Buchenwald, Allemagne
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