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PHELIPPEAU René, Louis, Denis

Né le 25 décembre 1907 à Paris (16e) (Seine) ; domicilié à Rouen (Seine-Inférieure) ; déporté le 2 juillet 1944 ; décédé entre le 2 et le 5 juillet 1944 dans un convoi à destination de Dachau.

PHELIPPEAU René, Louis, Denis // Naissance : 25-12-1907 à Paris (Seine) ; Domicile : NA Seine-Inférieure () ; Repression : Déporté le 2-7-1944 à  ;  ; Décédé

René Phelippeau est le fils naturel de Madeleine Rimbault, légitimé en 1927 par Eugène Phelippeau. Après l’obtention de son diplôme d’ingénieur des travaux publics en 1929, le lauréat réussit le brevet de préparation militaire supérieur en aéronautique. Sursitaire, il accomplit son service militaire d’octobre 1929 à 1930 (mle 249) dans les 34e et 11e Régiment d’aviation. Il fait l’école des officiers de réserve et est nommé sous-lieutenant. De 1933 à 1937, il accomplit des périodes d’exercices au Centre d’aviation régional à Rouen où il se fixe. Officier avec le grade de lieutenant de réserve depuis 1933, il est concerné par la mobilisation partielle (24 septembre-7 octobre 1938). Puis il est rappelé le 25 août 1939 et détaché à l’état-major du secteur fortifié de Faulquemont (Moselle), où il doit remettre en état un terrain d’aviation de fortune et organiser la DCA. Le 19 août 1940, il est démobilisé et se retire à Rouen, 156 rue Descroizilles. Il rentre aux Chantiers de Normandie à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure) comme ingénieur.

L’officier met son expérience militaire au service de la Résistance. En juillet 1943, il adhère au réseau de renseignement Sosies, homologué Gilbert, travaillant pour le commandement interallié. Il fait partie du groupe SO 1342 (mle SO 98), couvrant le Nord-Est et réside à Lille (Nord). Puis en août 1943, il rejoint l’ORA en Seine-Inférieure (Organisation de Résistance de l’Armée) (mle S 2736) qui regroupe d’autres officiers démobilisés. Ses chefs sont le commandant Robert Folio Lien interne, chef régional, et le capitaine Michel Multrier, chef départemental. Dès août 1943, il devient chef du secteur Forêt Verte près de Rouen, qui compte en juin 1944 environ 85 hommes. Lorsque le commandant Folio, devenu chef régional des FFI, est arrêté le 23 mai 1944, René Phelippeau dit Allain est alors nommé chef départemental FFI, avec le grade de lieutenant.

Comme chef de secteur, il organise des groupes de combat et participe aux séances d’instruction d’armement. La question des armes étant cruciale, il met en place des équipes pour la réception des armes parachutées et la garde de nuit des terrains de parachutage de Rouen-Préaux (Darnétal) et de la forêt Verte, carrefour de Rouen. Il est sur le terrain pour la réception des armes parachutées en forêt de Lyons le 10 février1944, assure leur transport et leur répartition. Les armes de son secteur sont stockées dans un petit dépôt, dans un captage de la ville de Rouen, appelé le puits 21. Il participe aussi à des opérations de sabotage, avec Alfred Hardouin Lien interne. Comme chef départemental FFI, il multiplie les contacts entre les différents mouvements, Libération-Nord, OCM, BOA, FTPF, pour accélérer leur intégration dans les FFI.

La répression s’intensifie en mai 1944 dans tous les secteurs d’action du réseau, à la suite des menées de la Gestapo secondée par l’inspecteur collaborateur Alie. L’infiltration d’un corps franc de Libération-Nord par un agent de la SD, Raymond Kubler, fragilise les réseaux. Isolé par la perte du contact avec l’état-major parisien et sur ses gardes, Phelippeau accepte tout de même un rendez-vous avec Yves Meyer Lien interne, chef régional des MUR (Mouvements Unis de Résistance), pour activer les actions en vue du Débarquement. C’est à l’occasion de ce rendez-vous à Rouen, le 3 juin 1944, qu’il est arrêté par la Gestapo, place Cauchoise à Rouen, ainsi que Meyer, piégé par Kubler. Au préalable, il avait donné l’ordre d’exécuter les plans prévus la nuit du Débarquement et de se disperser ensuite « pour laisser passer l’orage ».

Le chef FFI est interrogé au siège de la Gestapo de Rouen et interné à la prison Bonne-Nouvelle de cette ville. Puis il est transféré au camp de Royallieu à Compiègne le 24 juin 1944 (mle 42 510). Embarqué dans le convoi du 2 juillet 1944 à destination de Dachau, il fait partie des nombreuses victimes de ce « train de la mort ». Asphyxié en raison de la chaleur et de l’entassement dans le wagon, il serait décédé le 2 juillet, ainsi que Robert Folio et Michel de la Croix-Vaubois.

René Philippeau fait partie des disparus. Il n’y a pas d’acte déclaratif de décès pour ce célibataire n’ayant alors plus de famille. Il est déclaré Mort pour la France.

Sources : SHD-Vincennes : 16P473927, 28P11-89, Ai 1P389153 ; AD76 : 245W48, 8 J 6 Fonds Floch/ORA ; état civil (Paris) ; Baldenweck M. Histoire de la Seine-Inférieure 1939-1945, p. 181, 209-210, 320, 440 ; Alexandre A, Cauchois S., Résistance(s), p. 96, 102-103, 106-107, 196 

Chantal Cormont

Mots-clés :

Déporté
  • 25-12-1907
  • Paris, Seine
  • Seine-Inférieure
  • 3-6-1944
  • Seine-Inférieure
  1. Compiègne, Royallieu, Oise (42510)
Décédé
  • NA-7-1944
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