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PHILIPPE Joseph, Auguste, Marie

Photo : AP S. Corrière

PHILIPPE Joseph, Auguste, Marie

Né le 28 octobre 1906 Saint-Nicolas-près-Granville (Manche) ; domicilié au Mans (Sarthe) ; exécuté le 26 juin 1944 à Le Plantis (Orne).

PHILIPPE Joseph, Auguste, Marie // Naissance : 28-10-1906 à Saint-Nicolas-près-Granville (Manche) ; Domicile : Le Mans Sarthe () ; Repression : Exécuté le 26-6-1944 à Le Plantis (Orne) ; Décédé

Joseph Philippe naît dans une famille cheminote de Granville dans le Sud Manche. Son père qui porte le même prénom est employé à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et milite au sein de la SFIO. Sa mère Élise, Antonia, Valentine Picot assure quant à elle la subsistance du foyer. Le couple réside au 52 route de Villedieu. Devenu ouvrier mécanicien ajusteur, il épouse le 21 octobre 1932 au Mans Germaine, Marie, Blanche Meunier et le couple donne naissance en 1936 à une fille prénommée Monique.

Avant-guerre, il est domicilié à Saint-Pavace (Sarthe) à quelques kilomètres du Mans puis dans la capitale sarthoise à partir de 1939 au 36 avenue Félix Geneslay. Il est connu des services de police pour son action syndicale et politique au sein du parti communiste français. Il collabore d’ailleurs à la rédaction du journal communiste local L'Unité ouvrière et paysanne.

Lorsque la guerre éclate, il est affecté spécial comme ajusteur-outilleur à la Cartoucherie du Mans avant d’être envoyé dans une formation spéciale. Après sa démobilisation en octobre 1940, il est arrêté comme de nombreux militants communistes par la police de sûreté française chargée des menées antinationales et interné à la prison de Saint-Lô (Manche) puis à Rennes (Ille-et-Vilaine). Après avoir été classé « suspect au niveau national », il est transféré à une date inconnue au centre de séjour surveillé d'Oraison (Basses-Alpes) puis le 8 février 1941 à Saint-Sulpice-la-Pointe dans le Tarn avant son détachement au centre de Rabastens situé à quelques kilomètres.

Dans la nuit du 28 au 29 mars 1943, Joseph Philippe s’évade du centre de séjour surveillé de Rabastens et rejoint la Manche où il entre en contact avec le groupe de Maurice Marland Lien interne, enseignant à Granville qui communique, grâce à un poste émetteur, des renseignements sur les mouvements des troupes d’occupation et sur le système de défense du Mur de l’Atlantique au réseau Brutus. En octobre 1943, Joseph Philippe intègre, sous la fausse identité de Jacques Brunet ou Prunet selon les sources, le groupe franc du mouvement Vengeance-Turma dans le secteur de Courtomer (Orne) dirigé par le colonel de Pelet. Il participe alors à plusieurs coups de mains et sabotages notamment après le débarquement des Alliés en Normandie.

En cette fin juin 1944, Joseph Philippe et hébergé en compagnie de Lucien Jarrier, un jeune maréchal ferrant de 20 ans membre comme lui du mouvement Vengeance, à la ferme des époux Brilland située au lieu-dit La Brosse au Plantis dans l’Orne. Ils ont la charge de surveiller un dépôt d’armes. Le 26 juin 1944, après avoir été informé de la présence des deux résistants à la ferme des Brilland, Bernard Jardin et ses hommes, appuyés par des membres de la Gestapo, cernent la ferme et arrêtent Joseph Philippe tandis que son compagnon réussit à prendre la fuite. Madame Brilland relate la fin tragique du résistant dans un témoignage daté du 13 avril 1945 : « Philippe a été interrogé, frappé sauvagement et devant son refus à répondre aux questions qu'on lui posait, il a été aligné au mur de l'écurie et fusillé à bout portant par la Milice et la Gestapo […] ». La mention marginale inscrite le 20 novembre 1974 sur son acte de naissance indique son décès le 28 juin et non le 26.

Plusieurs lieux de mémoire perpétuent le souvenir de Joseph Philippe : sur le monument Maurice Marland situé dans le square éponyme à Granville, sur deux plaques commémoratives placées dans l’église et dans la mairie du Plantis et sur une autre érigée au 19 Avenue Jean Jaurès au Mans dédiée « Aux communistes Sarthois morts pour la libération de la France 1940-1945 et aux Résistants communistes tués dans la Sarthe ». Le corps de Joseph Philippe repose aujourd’hui dans la Nécropole nationale de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente), Carré B, tombe 68.

Sources : SHD-Caen : 21P130810, 21P664073 ; SHD-Vincennes : 16P474260 ; AD 50 : 223 Num ; AD81 : 493W152 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; maitron.fr, memorialgenweb.org

Sébastien Beuchet

Mots-clés :

Exécuté
  • 28-10-1906
  • Saint-Nicolas-près-Granville, Manche
  • Le Mans, Sarthe
  • 26-6-1944
  • Le Plantis, Orne
Décédé
  • 26-6-1944
  • Le Plantis, Orne
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