
LETEURTRE Jeanne, Marthe
Née le 19 juillet 1907 à Doudeville (Seine-Inférieure) ; domiciliée à Barentin (Seine-Inférieure) ; déportée le 31 janvier1944 à Ravensbrück ; rescapée.
LETEURTRE Jeanne, Marthe // Naissance : 19-7-1907 à Doudeville (Seine-Inférieure) ; Domicile : Saint-Etienne-du-Rouvray Seine-Inférieure () ; Repression : Déportée le 31-1-1944 à ; ; Rescapé Zwodau Allemagnee
Jeanne Poultier, née Leteurtre, est la fille de Jean Leteurtre, domestique, et de
Caroline Cocagne, sans profession. Elle se marie le 26 avril 1930 avec Raymond Poultier,
ouvrier. Elle est nettoyeuse (ouvrière) aux établissements Badin, une importante usine
textile de Barentin, depuis 1931. Le couple demeure 7 rue du Chanvre, dans la cité
Badin dédiée aux ouvriers de l’usine. Leur fille, Renée, née en 1927, travaille en
1942 comme bonne. Militante communiste avant la guerre, Jeanne Poultier continue de
distribuer des tracts pendant l’Occupation, bien que le Parti soit interdit depuis
la signature du Pacte germano-soviétique en août 1939. Elle les récupère de l’autre
côté de la Seine, dans l’Eure, à Fourmetot chez Marcel Couturier
, l’ex-chef de la cellule communiste de Barentin. Peut-être contactée par André Pican
, elle entre rapidement en résistance et s’engage, au Front national, dès le déclenchement
de l’agression allemande contre l’Union soviétique, le 22 juin 1941. Sous le pseudonyme
de « Irène », elle fait l’objet d’une surveillance policière. Probablement suspectée,
elle est arrêtée pour être interrogée le 4 mai 1942 par des inspecteurs des Renseignements
généraux. Une perquisition domiciliaire permet de trouver des publications communistes.
Afin d’échapper à la répression, elle entre alors en clandestinité. Jugée par contumace
par la Section spéciale de la cour d’appel de Rouen le 14 avril 1943, elle est condamnée
à 10 ans de travaux forcés et 10 ans d’interdiction de séjour pour propagande communiste
à Barentin en 1942.
Dans la Résistance, elle sert d’agent de liaison aux Francs-tireurs et partisans de
Rouen, notamment au groupe Lorraine, constitué en maquis dit de Barneville (Eure).
Elle s’investit aussi dans la propagande antiallemande et patriotique par la diffusion
de tracts et de périodiques. Ces diverses missions l’obligent à se déplacer en Seine-Inférieure,
dans l’Eure, ainsi qu’à Chartres (Eure-et-Loir) et même jusqu’à Paris. En outre, elle
œuvre au ravitaillement des maquisards avec Simone Chauvin
et côtoie Yvonne Lemercier
. Après des mois de clandestinité, elle s’installe le 21 octobre 1943 à Saint-Étienne-du-Rouvray
(Seine-Inférieure). Elle est arrêtée le 29 octobre 1943, à son domicile par la police
française en présence de trois policiers allemands et de l’inspecteur de police, collaborateur
zélé, Louis Alie. Elle affirme avoir été dénoncée par un militant communiste arrêté
le 27 octobre 1943 alors qu’il livrait du papier à l’imprimerie clandestine de Petit-Quevilly.
Elle est internée au palais de justice de Rouen jusqu’au 24 janvier 1944, puis transférée au camp de rassemblement de Royallieu à Compiègne (mle 26 265), antichambre des camps de concentration du Reich. De Compiègne, elle est déportée le 31 janvier 1944 au camp de concentration des femmes de Ravensbrück (mle 27 516). Arrivée le 3 février, elle est transférée le 13 avril 1944 au Kommando de femmes de Zwodau (Zvatava), dépendant du KZ Flossenbürg (mle 51 870). À son arrivée, le 16 avril, elle est affectée au Kommando Siemens et travaille à l’usine de métallurgie de 4h du matin à 19h. Devant l’avance alliée, le camp est évacué le 12 avril 1945. Elle se retrouve dans une colonne de détenus qui devait gagner le camp de concentration de Dachau, mais revient au camp de Zwodau après dix jours de marche dans la neige. Elle est libérée le 7 mai 1945 par l’armée américaine, puis rapatriée en train le 19 mai 1945. Elle retrouve son foyer et reprend le chemin de l’usine.
Elle est décédée à Barentin, le 19 mars 1986.
Sources : SHD-Vincennes : 16P368427 ; SHD-Caen : 21P650587 ; AD76 : 51W413 (dossier Couturier), 51W418, 2924W31, 3868W85 ; EC (Doudeville) ; Croguennec, M., 1943 Le maquis de Barneville, p. 69, 279 ; asso-flossenburg.com ; www. maitron.fr
Chantal Cormont
Mots-clés :
- 19-7-1907
- Doudeville, Seine-Inférieure
- Saint-Etienne-du-Rouvray, Seine-Inférieure
- 29-10-1943
- Saint-Etienne-du-Rouvray, Seine-Inférieure
- Rouen, Palais de justice, Seine-Inférieure
- Compiègne, Oise (26265)
- Ravensbrück (27516)
- Zwodau (51870)
- 7-5-1945
- Zwodau, Allemagne




