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PRIMAULT Maurice, Albert
Né le 27 novembre 1907 à Bayeux (Calvados) ; domicilié à Caen (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen.
PRIMAULT Maurice, Albert // Naissance : 27-11-1907 à Bayeux (Calvados) ; Domicile : Caen Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé
Maurice Primault est issu d’une famille de commerçants. Son père exerce le métier d’artisan chaudronnier, à Bayeux, et sa mère, sans profession, est très occupée avec les naissances rapprochées de ses trois enfants. Elève studieux, il obtient, sans peine, son certificat d’études primaires, en juin 1920. Trois ans plus tard, le jeune homme se fait engager comme vendeur à la quincaillerie Legallais-Bouchard à Caen. Très motivé par ce premier emploi, Maurice Primault gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir le chef d’une dépendance du magasin spécialisée « Marine et articles de pêche ». Après son service militaire effectué au sein du 3e régiment des chasseurs d’Afrique qui le conduit en Algérie, il se marie, le 6 décembre 1930, à Fleury-sur-Orne (Calvados), avec la fille d’un conducteur des Chemins de fer de l’Etat, et ne tarde pas à devenir père de famille, en septembre 1931. Atteint d’une maladie très douloureuse (ostéo-arthrite), aggravée par la station debout permanente qu’exige sa profession de vendeur, il doit aller suivre, à l’automne 1935, un traitement de plusieurs mois à Berck-Plage (Pas-de-Calais).
De retour à Caen, Maurice Primault voit passer beaucoup de monde dans sa boutique,
pêcheurs amateurs et professionnels. Parmi ces derniers, le vendeur en articles de
pêche y rencontre régulièrement Georges Thomine
, un patron pêcheur de Port-en-Bessin (Calvados). Lorsque celui-ci le sollicite, au
cours de l’été 1943, pour agir contre les Allemands au sein d’une organisation de
résistance, Maurice Primault accepte sans hésitation. Peu après, Robert Douin, chef
départemental du réseau, rencontre Primault, alias Dirat, et avalise le choix de l’annexe de Legallais-Bouchard comme principale boîte à lettre
du réseau. Malheureusement, un agent de liaison entre la Normandie et Paris, Jean
Truffault, étudiant originaire de Carentan (Manche), est arrêté le 14 mars 1944 à
Paris, par la police française. Remis entre les mains de la Sipo-SD, le jeune homme est torturé et livre beaucoup d’informations sur l’antenne normande
du réseau. Le nom de Maurice Primault apparaît dans l’un de ses interrogatoires. Le
20 avril, celui-ci est arrêté, brutalement interrogé rue des Jacobins, puis incarcéré
à la maison d’arrêt. Le 6 juin 1944, il est exécuté dans une des courettes de la prison,
avec quinze membres du réseau Alliance et 57 autres prisonniers.
Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989. Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.
En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.
Sources : SHD-Vincennes GR28P3/71 ; AD14 : Bayeux, NMD 1907, 4E/10570 ; Fleury-sur-Orne, Mariages, 1908-1930, 4E/12948 ; Bayeux, recensements 1911-1921 ; ; Caen-Est, recensement 1931 ; 1R/551 : fiche matricule militaire n°459 ; 9W70 : procès de la bande à Hervé ; Le Journal de Bayeux, 16 juil. 1920, p. 2 ; Caraes G., Le réseau Alliance, Ouest France, 2021 ; J. Vico et J ? Quellien, Massacres nazis. Les fusillés de la prison de Caen, C. Corlet, 2004
Gérard Fournier
Mots-clés :
- 27-11-1907
- Bayeux, Calvados
- Caen, Calvados
- 20-4-1944
- Caen, Calvados
- Caen, Maison d'arrêt, Calvados
- 6-6-1944
- Caen, Calvados




