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THOMINE Georges, Jean, Baptiste

Photo : AD14 :6J120

THOMINE Georges, Jean, Baptiste

Né le 25 juin 1906 à Port-en-Bessin (Calvados) ; domicilié à Port-en-Bessin ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen.

THOMINE Georges, Jean, Baptiste // Naissance : 25-6-1906 à Port-en-Bessin (Calvados) ; Domicile : Port-en-Bessin  Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Fils d’Alphonse Thomine, marin et de Louise (Delain), sans profession, Georges Thomine épouse Fernande Héron en 1927 à Octeville (Manche). Le couple réside rue Torteron à Port-en-Bessin et a deux enfants : Georges né en 1927 et Gilbert né en 1938. Patron pêcheur, il est contacté par Robert Douin Lien interne au début de l’année 1942 et devient membre du réseau « Alliance », sous le pseudonyme de « Cachalot ». Résistant très actif, il recueille de nombreux renseignements sur les troupes allemandes et les fortifications côtières du fait de sa profession. Victime de la rafle qui frappe le réseau « Alliance » au printemps 1944, il est arrêté le 17 mars. Son fils Georges, âgé seulement de 17 ans, est également arrêté puis relâché au bout d’un mois.

Conduit à la maison d’arrêt de Caen, Georges Thomine est interné avant de sortir de sa cellule le 6 juin 1944 au matin pour être froidement abattu dans une courette du chemin de ronde de la prison avec environ 70 à 80 autres résistants, eux aussi incarcérés dans le quartier allemand. Ces exécutions sommaires sont effectuées sur ordre du chef de la Sipo-SD de Caen, Harald Heynz, suite au débarquement qui a eu lieu sur la côte quelques heures plus tôt afin que ces résistants ne soient pas libérés par les Alliés.

Les corps des victimes du 6 juin 1944 de la prison de Caen sont inhumés provisoirement dans une cour de la prison. À la fin du mois de juin et devant l’imminence de la prise de la ville par les Alliés les allemands exhument les corps pour les faire disparaître. Une des suppositions possibles est que les corps aient été transportés en camion en un autre lieu à l’ouest de la ville. Ces derniers n’ayant jamais été retrouvés, le mystère perdure.

Son nom figure à Caen sur la plaque commémorative de la SNCF, à l’entrée de la gare, ainsi que sur le monument commémoratif 1939-1945 à la mémoire des Agents du Dépôt SNCF et sur le monument commémoratif des déportés et fusillés, résistants de Bayeux et du Bessin, à Bayeux et sur le monument aux morts, à Port-en-Bessin (Calvados).

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’État. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P544015 ; Quellien J. (dir.), Livre-mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, 2004, p.225 ; fusilles-40-44.maitron.fr, memorialgenweb.org  

Jean Quellien, Delphine Leneveu, Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 25-6-1906
  • Port-en-Bessin, Calvados
  • Port-en-Bessin , Calvados
  • 17-3-1944
  • Port-en-Bessin, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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