
Photo : AP J. Quellien
ROBERT André, Ferdinand, Achille
Né le 21 septembre 1915 à Meuvaines (Calvados), domicilié à Longvillers (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen (Calvados).
ROBERT André, Ferdinand, Achille // Naissance : 21-9-1915 à Meuvaines (Calvados) ; Domicile : Longvillers Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé
Fils unique d’un couple de cultivateurs de Meuvaines, André Robert passe toute son enfance dans ce petit village d’à peine 200 habitants, situé dans le canton de Ryes, à 13 kms au nord-est de Bayeux. C’est à l’école communale de Meuvaines qu’il effectue sa scolarité primaire obligatoire jusqu’à l’âge de 13 ans. Puis, de 1928 à 1930, ses parents l’envoient suivre l’enseignement du petit séminaire de Caen. Pendant cette période, ceux-ci ont déménagé pour prendre en fermage une exploitation sur la commune de Ryes, au hameau du bourg, sur la route de Ryes à Port-en-Bessin. Cependant, l’opération ne s’avère guère rentable et les Robert quittent Ryes pour s’installer dans une autre ferme, au lieu-dit Mathan, hameau du village de Longvillers, tout proche de Villers-Bocage. Cette période de sa vie est marquée par un grave accident de moto qui entraîne l’amputation d’une jambe. Désormais, André Robert ne peut plus se déplacer qu’avec une prothèse en bois.
En septembre 1943, André Robert se voit proposer par Jean Caby|
, un électricien de Villers-Bocage chez qui il s’approvisionne régulièrement en matériels
électriques, d’entrer dans une organisation de résistance qu’il dirige localement.
Caby lui explique que c’est un réseau de renseignement qui agit pour le compte des
Anglais. Son nom est Alliance. En fait, le résistant ne lui demande rien de très précis en matière de renseignement,
mais il espère compter sur son aide en cas de débarquement allié sur les côtes normandes.
Après quelques légitimes hésitations, l’agriculteur lui donne son accord, puis les
mois passent sans qu’André Robert n’entende plus parler de rien. Mais lorsqu’il apprend
la nouvelle de l’arrestation de Jean Caby qui s’est répandue comme une trainée de
poudre, le 17 mars 1944, l’angoisse le saisit. Six semaines se sont écoulées. André
Robert finit par se dire qu’il ne lui arrivera rien. Mais le 4 mai, la Traction Avant
de la Gestapo arrive en trombe devant la ferme familiale. Le jeune homme de 28 ans a tout de suite
compris. Ses parents, qui ne savent rien, demeurent incrédules. Emmené à Caen, au
siège de la police allemande, il est interrogé avec brutalité par les hommes de la
bande à Hervé, puis incarcéré au 3e étage de la maison d’arrêt. Le 6 juin 1944, André Robert est exécuté, avec 72 autres
prisonniers, dans une des courettes-promenoirs, à l’extrémité du quartier allemand.
Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.
Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.
En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.
Sources : SHD-Vincennes :GR 28P3/71 ; AD14 : Meuvaines, NMD 1902-1918 ; Meuvaines, recensements 1921-1926 ; Ryes, recensement 1931 ; Longvillers, recensement 1936 ; 1R/623, fiche matricule militaire n° 1855 ; Caraes G., Le réseau Alliance, Ouest France, 2021. Jacques Vico et Jean Quellien, Massacres nazis. Les fusillés de la prison de Caen, C. Corlet, 2004
Gérard Fournier
Mots-clés :
- 21-9-1915
- Meuvaines, Calvados
- Longvillers, Calvados
- 4-5-1944
- Longvillers, Calvados
- Caen, Maison d'arrêt, Calvados
- 6-6-1944
- Caen, Calvados




