Télécharger le XML
Pas d’illustration disponible

SAIDEMANN Aron

Né le 7 mars 1883 à Przedbórz (Empire russe), domicilié à Caen (Calvados) ; déporté le 23 mars 1944 à Auschwitz-Birkenau ; assassiné.

SAIDEMANN Aron // Naissance : 7-3-1883 à Przedbórz  (Empire russe (Pologne)) ; Domicile : Caen Calvados () ; Repression : Déporté le 27-3-1944 à  ;  ; Assassiné

Aron Saidemann est né le 7 mars 1883 à Przedbórz (désormais en Pologne) dans la voïvodie (district administratif) de Lodz. Il n’a que 21 ans et Fanny Ertstein, 16 ans lorsque naissent en 1904 leur premier enfant, Jules suivi en 1906 de Daniel. Tous deux voient le jour à Lodz. Le mystère reste entier sur la mère, Fanny Ertstein, qui ne peut-être Foëlle Ertstein, la future femme d’Aron puisqu’à la même époque celle-ci met au monde des enfants à Belfort. Ce pourrait être une sœur de Foëlle. Une certaine Fanny Zadjam, née elle aussi à Konskie et résidant à la même dernière adresse que les Saidemann est déportée par le même convoi que Foëlle.

Aron rencontre ensuite Brindel Jakobovitch avec laquelle il a trois enfants. Après la naissance de Fernand qui nait à Lodz en 1908, la famille émigre en France, à Strasbourg (Bs-Rhin) où naissent Marie en 1911 et Joseph en 1914. Est-ce que Brindel est décédée à Strasbourg ? Ou décident-ils de se séparer ? Quoi qu’il en soit, Aron Saidemann entretient désormais une relation avec Foëlle Ertstein qui est veuve de Benoit Rosenblum dont elle a eu des enfants avec lui, selon le recensement de Belfort en 1911. Aron et Foëlle (désormais prénommée Hana Feiga) ont une fille Rachel Lien interne née en 1916 hors mariage qu’Aron ne reconnaît que très tardivement, en 1927. Cet imbroglio familial se termine avec le mariage d’Hana Ertstein et de Aron Saidemann en 1931.

Aron Saidemann s’était engagé volontaire dans la légion étrangère en novembre 1914 mais il est réformé l’année suivante pour maladie.

Après-guerre, Aron et sa grande famille habitent désormais Paris, rue Charlemagne dans le 4e arrondissement. Il exerce la profession de marchand forain. Le 29 juillet 1927, Aron obtient la nationalité française par naturalisation ainsi que ses quatre enfants mineurs, Fernand, Marie, Joseph et Rachel. Quant aux deux aînés, Jules et Daniel, ils l’obtiennent le même jour mais individuellement.

Tous ses enfants désormais majeurs et ayant une situation, Aron Saidemann choisit de s’établir en province, à Caen près de sa fille Rachel qui a épousé en 1934 un Caennais et qui vient d’avoir un fils, Jean-Pierre. Ils habitent tous au 177 rue Saint-Jean. Aron dirige un petit commerce de bonneterie quand la guerre éclate.

En 1940, conformément aux lois antisémites du gouvernement de Vichy, Aron Saidemann se fait recenser mais souligne avec justesse que, non seulement il est Français mais qu’il a été engagé volontaire pendant la guerre de 1914-1918. Qui plus est, il est père de six enfants dont trois d’entre eux sont prisonniers en Allemagne.

Contraint à céder son commerce puisqu’interdit d’exercice, Aron Saidemann vend fictivement son commerce à son gendre, André Bance, qui habite Caen et n’est pas juif. Il décide de partir non pour Paris comme le note la préfecture mais pour la zone non-occupée : Toulouse. Aron et sa femme partent séparément : Aron arrive à Toulouse tandis que sa femme, elle, est arrêtée en gare de Langon (Gironde).

Aron Saidemann est arrêté au 92 rue Riquet à Toulouse où il s’était réfugié. De la prison de Toulouse, il est transféré au camp d’internement des populations juives de Drancy le 8 mars 1944 et déporté le 27 mars 1944 par le convoi n° 67 à destination d’Auschwitz-Birkenau où il est assassiné.

Sa femme et sa fille Rachel seront déportées et assassinées. Tous ses autres enfants ont survécu.

Sources : SHD-Caen :21P537899 ; AD14 : 619W : affaires juives, Caen mariages 1934 recensement Caen, 1931,1936 ; AD90 : recensement 1911 ; EC (Paris) : naissances 1916, mariages 1931, décès 1930, EC (Strasbourg) : naissances 1911, 1914 ; Liste officielle n° 24 des prisonniers français au 1 er octobre1940, p. 58 ; J. Quellien, Livre Mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, 2004, p. 215 ; memorialdelashoah.org, ww.association-maurice-vissa.fr

Chantal Meyer-Plantureux

Mots-clés :

Déporté
  • 7-3-1883
  • Przedbórz , Empire russe (Pologne)
  • Caen, Calvados
    1. Toulouse, Haute-Garonne
    2. Drancy, Seine
    27-3-1944, K70
    1. Auschwitz
    Assassiné
    logo de la MRSH de l’université Caen Normandie
    logo du laboratoire HisTeMé de l’université Caen Normandie
    logo de l’université Caen Normandie
    logo de la Fondation Mémoire Déportation