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SEVESTRE Charles, Armand

Photo : SHD-Caen

SEVESTRE Charles, Armand

Né le 24 juin 1921 à Ouistreham (Calvados) ; domicilié à Houlgate (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen (Calvados).

SEVESTRE Charles, Armand // Naissance : 24-6-1921 à Ouistreham (Calvados) ; Domicile : Houlgate Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

Fils d’un forgeron, Charles Sevestre effectue, après l’école primaire, une formation d’ouvrier ajusteur. Le 12 février 1939, il est embauché à l’usine de Dives-sur-Mer (Calvados), propriété de la Compagnie générale d’électrométallurgie pour quelques mois. La guerre le réduit au chômage. L’usine de Dives, en sommeil depuis 1940, est réactivée en 1942, et nombre de ses ouvriers sont requis pour aller travailler en Allemagne. Ne trouvant pas d’échappatoire à cette situation Charles Sevestre signe, le 15 octobre 1942, un contrat avec la Vereinigte Deutsche Metallwerke. Il est affecté à Frankfurt-am-Main, le 17. Un an passe et l’ouvrier ajusteur obtient une permission. De retour en Normandie, il n’a nulle envie de retourner Outre-Rhin. Il se cache d’abord chez sa mère à Houlgate, puis chez un agriculteur de Vassy, à la Bardellière (Calvados), du 24 décembre 1943 au 1er mars 1944. Ne pouvant rester davantage dans cette ferme, il se fait engager comme jardinier chez le docteur Derrien Lien interne à Argences (Calvados). Ce médecin, ancien combattant de la Grande Guerre, profondément patriote, est engagé dans la Résistance organisée depuis 1940. Coupé de l’OCM après les nombreuses arrestations de décembre 1943, il organise une filière pour soustraire les jeunes soumis au service du travail obligatoire en Allemagne. Charles Sevestre accepte de le rejoindre comme agent de liaison dans la Résistance, au sein du mouvement ORA, auprès duquel il vient juste de trouver un contact. Malheureusement, un des jeunes qui a, pendant un moment, profité de l’assistance de cette filière, s’est fourvoyé dans le trafic de marché noir. Arrêté par la Gestapo et menacé d’être envoyé en Allemagne, ce jeune dévoyé accepte, pour de l’argent, de renseigner la police allemande sur l’organisation qu’il a approchée quelques mois auparavant. Le 2 juin 1944, celle-ci lance une vaste rafle qui commence à Argences, très tôt le matin, et se poursuit dans plusieurs villages de la plaine entre Caen et Falaise (Calvados). Paul Derrien, sa compagne et assistante, Rolande Vayssier Lien interne, puis Charles Sevestre sont arrêtés, brutalisés, et conduits à la Maison d’arrêt de Caen. Le 6 juin, tous sont exécutés sauvagement dans les courettes de la prison, avec les nombreux résistants arrêtés les mois et les semaines précédents. Leurs corps font partis des 70 à 80 victimes exécutées le 6 juin à la prison de Caen dont nous n’avons jamais retrouver les dépouilles.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : 21P 272 058, 21P 538 651 ; Archives de MRDN ; J. Quellien (dir), Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, 2004, p. 219 ; memorialgenweb.org

Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 24-6-1921
  • Ouistreham, Calvados
  • Houlgate, Calvados
  • 3-6-1944
  • Argences, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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