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LEBAILLY Arthur, Ferdinand, Alexis

Né le 6 décembre 1917 à Caligny (Orne) ; domicilié à Caligny ; exécuté le 15 août 1944 à Athis (Orne).

LEBAILLY Arthur, Ferdinand, Alexis // Naissance : 6-12-1917 à Caligny (Orne ) ; Domicile : Caligny Orne () ; Repression : Exécuté le 15-8-1944 à Athis (Orne) ; Décédé

Arthur Lebailly est né au domicile de ses parents, au lieu-dit « Le Hoguet », à Caligny. Ces derniers, Alexis et Madeleine Lebailly, sont respectivement charpentier-menuisier et ménagère. Aîné d’une fratrie de cinq fils, Arthur Lebailly devient à son tour charpentier-menuisier et travaille avec son père.

Il est déjà incorporé dans l’armée française quand la Seconde Guerre mondiale éclate. Brigadier dans un régiment d’artillerie, il participe à la campagne de France. Il est capturé à Maroilles (Nord) le 17 mai 1940. Il est ensuite interné au Stalag VIII-C en Silésie jusqu’à son rapatriement en avril 1941. Le jeune homme est démobilisé fin 1941 à Alençon (Orne). Après sa démobilisation, Arthur Lebailly retourne vivre et travailler à Caligny, chez ses parents. C’est là qu’en novembre 1943 il épouse Alice Guibet. Il semble que durant l’Occupation, il aida des aviateurs alliés tombés en Normandie à se cacher et s’échapper.

À l’été 1944, Arthur Lebailly et sa famille trouvent refuge à Bellou-en-Houlme (Orne). Le 15 août 1944 (veille de la Libération du village), Arthur Lebailly, Roger Devolder Lien interne et Marcel Montaufray Lien interne décident de retourner à Caligny et Montilly-sur-Noireau (Orne), leurs lieux de résidence respectifs, dans le but de constater par eux-mêmes les destructions causées par les derniers bombardements alliés. Lorsque le groupe arrive dans le bourg d’Aubusson (Orne), il croise une patrouille de Feldgendarmes. Les Allemands arrêtent aussitôt les trois jeunes gens et les font aligner le long du mur de la boulangerie. Ils les giflent, les molestent et leur confisquent leur bicyclette. Ils les font ensuite s’asseoir sur un talus, devant l’église du village. Tenus en respect par les Feldgendarmes, les Français sont bras en l’air. Peu après midi, les Allemands les font monter à bord d’un camion et partent en direction d’Athis.

Vers 13 heures, le camion arrive à la ferme de Léon Avice, au lieu-dit « La Corbellière », à Athis. Depuis le 12 août 1944, des Allemands y cantonnent avec leurs véhicules. À leur descente du camion, les trois jeunes hommes sont tenus en joue par des soldats allemands armés de mitraillettes. Mains en l’air, ils sont emmenés dans la cuisine de la ferme, devenue le bureau de plusieurs officiers allemands.

À l’issue d’un bref interrogatoire, ils sortent, toujours les mains en l’air, et sont conduits à l’entrée du plant de la ferme, entre la maison d’habitation et la barrière d’entrée. Les Allemands les fouillent, puis les font se déchausser et s’adosser aux pommiers. Les Allemands ordonnent alors que la famille Avice rentre à l’intérieur de leur domicile, de sorte à ce qu’ils ne soient pas témoins du reste de la scène.

Une quarantaine de soldats allemands, armés de bâtons et de mitraillettes, entourent rapidement les trois jeunes hommes, qui, la tête courbée et les bras toujours en l’air, sont menés contre le mur de la ferme. Puis, les Allemands se mettent à poursuivre les trois Français à travers le verger adjacent. Les Français courent sur plusieurs dizaines de mètres, avant d’être rattrapés et battus à mort par les soldats allemands. Ces derniers s’acharnent sur les trois Français à coups de poing, de pied et de bâtons. Ils détroussent ensuite leurs cadavres, avant de les inhumer à quelques dizaines de mètres du lieu de leur supplice, dans un herbage appelé « Les Varets ». Les soldats allemands en question appartenaient probablement à la 9. Panzer-Division SS “Hohenstaufen”.

Le 20 août 1944, le propriétaire de la ferme remarque de la terre fraîchement remuée dans son herbage et découvre les trois cadavres. Ils sont exhumés le lendemain et inhumés temporairement au cimetière d’Athis. Aucune blessure par balle n’est relevée, mais les cadavres ont été rendus méconnaissables par la violence des coups. Leur identification n’est permise que grâce aux papiers d’identité retrouvés dans une musette à proximité de leurs cadavres. La dépouille d’Arthur Lebailly fut ultérieurement rapatriée au cimetière de Caligny, où il repose sous une pierre tombale monumentale.

Le nom d’Arthur Lebailly figure sur le monument aux morts de Caligny ainsi que sur les plaques commémoratives de l’Institution Sainte-Marie à Flers (Orne). En outre, un calvaire érigé au lieu-dit « Le Hoguet », à Caligny, commémore spécifiquement Roger Devolder, Arthur Lebailly et Marcel Montaufray.

Sources : SHD-Caen : 21 P 363 707 ; AN (1988016/21/2) ; ADO (R1412 et M1461/13-16) ; EC (Caligny) ; memorialgenweb.org ; Jean BRISSET, La charge du taureau (2012), p. 318-319

Tristan Rondeau

Mots-clés :

Exécuté
  • 6-12-1917
  • Caligny, Orne
  • Caligny, Orne
  • 15-8-1944
  • Athis-de-l'Orne, Orne
Décédé
  • 15-8-1944
  • Athis, Orne
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