
Photo : SHD-Caen
AUBLÉ Madeleine, Henriette
Née le 2 juin 1922 à Criquebeuf-sur-Seine (Eure) ; domiciliée à Criquebeuf-sur-Seine ; déportée le 31 janvier 1944 à Ravensbrück ; rescapée
AUBLÉ Madeleine, Henriette // Naissance : 2-6-1922 à Criquebeuf-sur-Seine (Eure) ; Domicile : Cricquebeuf-sur-Seine Eure () ; Repression : Déportée le 31-1-1944 à ; ; Rescapé Ravensbrück Allemagnee
Madeleine Aublé est reconnue par sa mère, journalière, Marceline Vitaline Aublé huit jours après sa naissance. Elle est l’aînée d’une fratrie de trois enfants, tous portant le nom de leur mère : René né en 1926 et Liliane née en 1933. Aucun père ne semble s’être manifesté. La famille habite place de l’Eglise, dans la petite ville de Cricquebeuf située dans une boucle de la Seine, non loin de Pont-de-l’Arche et à une vingtaine de kilomètres de Rouen. Agée de seize ans, la jeune femme travaille en usine, dans la chaussure et, au vu de la situation familiale, il est probable qu’elle cherche quelque revenu supplémentaire. De fait, considérée comme prostituée, elle avait contrevenu à la visite sanitaire et condamnée à trois mois de prison par la Feldkommandantur 517 le 25 novembre 1942. La jeune femme fréquente un café-bar qui organise des bals clandestins et où se retrouvent des soldats allemands et de jeunes femmes, dont certaines sont prostituées. Mais lors d’une ces soirées, le 28 août 1943, la Feldgendarmerie fait un contrôle et arrête plusieurs femmes pour raisons sanitaires. « Défaut de visite sanitaire », « maladie vénérienne » ou « agent contaminateur », autant de délits qui, aux yeux des Allemands, constituent une faute grave considérée comme un acte de sabotage envers l’armée allemande. Les autorités d’occupation proposent alors aux détenues un contrat de travail pour l’Allemagne, mais une dizaine d’entre elles refusent et sont déportées. Le défaut d’archives ne permet pas d’établir clairement les faits et notamment, pour Madeleine Aublé, les dates d’arrestation sont contradictoires : 30 mai 1942, 30 juin 1942 ou 28 août 1943.
Quoiqu’il en soit, les jeunes femmes Marie Berqué
, Rolande Berthe
, Thérèse Dégremont
, Renée Delamare
, Augustine Grenet
, Thérèse Lheureux
, Albertine Marie
, Henriette Parment
et Christiane Verdière
sont incarcérées à la prison Bonne Nouvelle de Rouen puis dirigées vers le camp d’internement
de Compiègne, antichambre des camps de concentration du Reich, le 23 octobre 1943.
Madeleine Aublé reçoit le matricule 19 528. Elles y restent trois mois, jusqu’au 31
janvier 1944 lorsque, avec ses camarades, elle monte dans un des wagons du convoi
qui la mène au camp de concentration réservé aux femmes, Ravensbrück. Arrivées le
3 février, les femmes suivent alors des chemins différents, au gré des demandes de
travailleuses forcées pour l’industrie allemande. Madeleine Aublé (mle 27 041) est
envoyée au Kommando de Watenstedt dépendant du camp de Neuengamme, situé sur la commune de Salzgitter,
dans un vaste complexe sidérurgique où elle travaille probablement à la production
d’obus. Au moment de l’avancée des troupes alliées, elle est évacuée vers le camp
central de Ravensbrück où elle est libérée par la Croix-Rouge le 23 avril 1945 dans
le cadre de négociations avec le chef du camp. Elle arrive à Malmö en Suède trois
jours plus tard où les autorités et la population leur prodiguent les premiers soins.
Elle séjourne en Suède jusqu’à son rapatriement par la gare d’Orsay, à Paris, le 1er juillet 1945.
Madeleine Aublé est décédé à Louviers (Eure) à l’âge de 70 ans, le 26 mai 1993.
Sources : SHD-Caen : AD27 : 2E7684 ; match.id.io
Françoise Passera
Mots-clés :
- 2-6-1922
- Criquebeuf-sur-Seine, Eure
- Cricquebeuf-sur-Seine, Eure
- 28-8-1943
- Rouen, Seine-Inférieure
- Rouen, Seine-Inférieure
- Compiègne, Oise (19528)
- Ravensbrück (27041)
- Watenstedt
- Ravensbrück
- 23-4-1945
- Ravensbrück, Allemagne




