
LE BARON, Jean, Charles, Joseph
Né à Bayeux (Calvados), le 21 août 1901 ; domicilié à Villers-Bocage (Calvados) ; exécuté à Caen (Calvados), le 6 juin 1944.
LE BARON, Jean, Charles, Joseph // Naissance : 21-8-1901 à Bayeux (Calvados) ; Domicile : Villers-Bocage Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé
Fils d’un pharmacien, Jean le Baron effectue sa scolarité primaire à Bayeux puis à Falaise (Calvados), où le couple Le Baron et ses trois enfants déménage en 1910. A 14 ans, passionné de mécanique, le jeune homme se fait engager comme apprenti dans un garage de Falaise. Le 13 avril 1921, il est appelé sous les drapeaux et ses compétences techniques lui permettent de se faire affecter au 121e escadron du Train automobile créé à Mayence (Allemagne). Libéré de ses obligations militaires, le 30 mai 1923, il retrouve le domicile parental, et le 28 juillet 1924, il épouse, Suzanne Bertin, la fille d’un vétérinaire de Thury-Harcourt. Sans doute poussé par ses parents, Jean Le Baron se forme auprès de son beau-frère, Charles Bertin, agent d’assurance à la Mutuelle générale française, à Villers-Bocage. En 1929, celui-ci lui vend son cabinet. La même année la famille Le Baron s’agrandit avec la naissance d’une fille, suivie, en 1932, par celle d’un garçon. La guerre vient à nouveau perturber la vie familiale. L’agent d’assurance est rappelé à l’activité au dépôt du Train n°3, le 2 septembre 1939. Démobilisé à Leguévin (Haute-Garonne), sans avoir combattu, Jean Le Baron peut rentrer en Normandie le 2 septembre 1940, muni de papiers militaires officiels qui lui permettent de reprendre son activité professionnelle.
À Villers-Bocage, l’assureur entretient des relations amicales avec Jean Caby
, un électricien qui habite à quelques rues de son cabinet. C’est ce dernier qui lui
propose, vers le mois de juin 1943 d’entrer dans une organisation de résistance qui
a pour nom « réseau Alliance ». Collecter des renseignements sur les unités allemandes
en stationnement, les mouvements des troupes, les armes et les dépôts de munitions,
telles sont les missions qui lui sont attribuées. Ces informations, il doit les communiquer
directement à Caby, ou bien les acheminer vers Robert Douin
, le responsable du réseau, via la boîte aux lettres Primault à Caen. L’activité du
réseau est hélas connue des Allemands après des arrestations opérées à Paris. Le 17
mars, Caby, Douin, de Saint Pol
et Thomine
sont arrêtés par la Sipo-SD (Gestapo). Le 4 mai 1944, Jean Le Baron est arrêté à son tour à Villers-Bocage. Soumis à plusieurs
interrogatoires, Jean Le Baron est exécuté un mois plus tard à la maison d’arrêt,
avec 72 autres prisonniers.
Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.
Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.
En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.
Sources : SHD-Caen : 21P473693 ; SHD-Vincennes : 28P3/71 ; AD14 ; Bayeux, état civil, NMD 1901 ; Falaise, état civil, tables décennales, 1923-1932 ; registre matricule militaire n° 324, classe 1917, subdivision de Falaise ; Falaise, recensements, 1911-1926 ; Villers-Bocage, recensements, 1931-1936, 9W70, Procès de la bande à Hervé, interrogatoire de Collard Daniel, du 2 mai 1945 ;. Les 50 000 adresses du Calvados, 1924-1942 ; J Vico et J. Quellien, Massacres nazis. Les fusillés de la prison de Caen, 2004 ; G. Caraes, Le réseau Alliance, 2021.
Gérard Fournier
Mots-clés :
- 21-8-1901
- Bayeux, Calvados
- Villers-Bocage, Calvados
- 4-5-1944
- Villers-Bocage, Calvados
- Caen, Maison d'arrêt, Calvados
- 6-6-1944
- Caen, Calvados




