
LE BROZEC Jean
Né le 22 décembre 1911 à Trévou-Tréguignec (Côtes-du-Nord) ; domicilié au Havre (Seine-Inférieure) ; tué en action le 9 août 1943 au Havre.
LE BROZEC Jean // Naissance : 22-12-1911 à Trévou-Tréguignec (Côtes-du-Nord) ; Domicile : Le Havre Seine-Inférieure () ; Repression : Tué en action le 9-8-1943 à Le Havre (Seine-Inférieure) ; Décédé
Fils de Jean Le Brozec, marin puis agriculteur, et de Marie Le Bideau, Jean Le Brozec passe sa jeunesse en Bretagne avec ses quatre frères et sœurs. Il perd sa mère à dix ans et travaille déjà à quinze ans dans l’agriculture. Au début des années 1930, il s’installe au Havre comme sa sœur Hélène. Lorsqu’il se marie le 26 février 1937 au Havre avec Jeanne Simon, une Havraise, il est marin. Puis il travaille comme ajusteur mécanicien. Le couple demeure 5 rue de Gravelotte au Havre, au domicile de la famille Simon. Mobilisé le 5 septembre 1939, il est démobilisé le 23 août 1940 et reprend son travail jusqu’à son entrée en Résistance.
Communiste, il s’engage dans les Franc tireurs et partisans du Havre le 2 novembre
1942 sous le pseudonyme de Marcel. Ses chefs sont André Duroméa
et Charles Domurado. Il devient rapidement chef du 3e groupe des FTP qui passe de 15 à 38 hommes avec les agents de renseignement. En janvier
1943, il est nommé lieutenant par Duroméa. En mars 1943, à la suite de l’arrestation
de Jean Hascoët
, il prend le commandement du détachement FTP du Havre, soit 104 hommes. En novembre
1942, il attaque un détachement allemand, rue de la Vallée au Havre, puis il sabote
deux transformateurs dans le port et monte des attaques contre des officiers allemands
et des collaborateurs.
Le soir du 9 août 1943, armé de deux révolvers et deux grenades, il s’apprêtait à
commettre un attentat contre la Gestapo havraise, après l’exécution de Jean Hascouët. Mais, renseignés par un ancien FTP
du Havre, Robert Lemonnier – condamné aux travaux forcés après la guerre – ,les hommes
de la Sipo-SD sont embusqués sur son parcours, encadrés par leur chef, Ackermann. Lorsque le résistant
arrive à vélo rue Hélène au Havre, des échanges de tir ont lieu et Jean Le Brozec
est abattu à la mitraillette par les policiers allemands, place Blaise Pascal autour
de l’église Sainte-Marie. Selon son délateur, il devait rejoindre un point de rendez-vous
avec « Georges », qui serait Jules Bridoux
. La perquisition à son domicile permet de découvrir trois revolvers et des grenades
allemandes. Sa femme, Jeanne Simon, est arrêtée et internée au Havre jusqu’au 19 août
1943, au palais de justice de Rouen jusqu’au 9 février 1944 et au fort de Romainville
jusqu’à la libération de Paris, le 19 août 1944. Jean Le Brozec est remplacé à la
tête du détachement FTPF du Havre par Ernest Derrien
.
Pour venger la mort de leur camarade, le groupe des FTP de Rouen organise le 12 août
1943 l’attaque de la Sipo-SD du Havre, rue Hippolyte Fenoux, dans le but d’assassiner Ackermann. Mais le même
Lemonnier, renseigné sur le projet, désigne les résistants et l’attaque se solde par
la mort de Jules Bridoux, l’arrestation d’Ernest Derrien qui passait en vélo et de
Maurice Mailleau
, membre du maquis de Barneville. Blessés, ces deux derniers sont fusillés le 8 novembre
1943 à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure).
Le nom de Jean Le Brozec est inscrit sur le monument de la Résistance et de la Déportation au Havre et sur le mémorial du Parti communiste à Rouen. Sur la place renommée Jean Le Brozec au Havre, il y a une plaque et une stèle en son honneur.
Sources : SHD-Vincennes 16P348102 ; SHD-Caen : 21P474005 ; AD76 : 40W180, 245W9 (Alie), 245W117 (Lemonnier), EC (Trévou-Tréguinec) ; Dhaille-Hervieu M.-C., Communistes au Havre, p. 149-151 ; maitron.fr, libramemoria.com, havrais-en-résistance.fr
Chantal Cormont
Mots-clés :
- 22-12-1911
- Trévou-Tréguignec, Côtes-du-Nord
- Le Havre, Seine-Inférieure
- 9-8-1943
- Le Havre, Seine-Inférieure
- 9-8-1943
- Le Havre, Seine-Inférieure




