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LOSLIER René, Félix, Alexis, Georges

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LOSLIER René, Félix, Alexis, Georges

Né le 20 mars 1913 à Caen (Calvados) ; domicilié à Jurques (Calvados) ; exécuté le 6 juin 1944 à Caen.

LOSLIER René, Félix, Alexis, Georges // Naissance : 20-3-1913 à Caen (Calvados) ; Domicile : Jurques Calvados () ; Repression : Exécuté le 6-6-1944 à Caen (Calvados) ; Décédé

René Loslier épouse le 28 août 1936, à Caen, Laurence, Marie, Cécile Lechevalier. Le couple donne naissance à trois enfants : Bernard né en 1937, et deux jumeaux, Michel et Claude nés en 1940.

René est électricien à la Société d’Electricité de Caen (SEC), occupant la fonction de chef de secteur à Jurques. Responsable de l’exploitation des réseaux de distribution publique d’électricité de son secteur, il peut circuler librement dans la région sans attirer l’attention. Il adhère au réseau de renseignements « Alliance » en 1943 comme chargé de mission de 3e classe (assimilé au grade de sous-lieutenant).

À son activité de renseignements, il ajoute des actions de sabotage de l’alimentation électrique et sur des lignes téléphoniques desservant les Allemands avec son collègue Ernest Margerie Lien interne, et va jusqu’à incendier deux cents stères de bois mis en réserve pour l’Occupant. Il aide également des aviateurs alliés après que leur avion ait été abattu au-dessus de Sept-Vents (Calvados) à l’automne 1943.

Au printemps 1944, le réseau « Alliance » est démantelé, à commencer localement par l’arrestation le 17 mars de Robert Douin Lien interne à Caen, responsable départemental, et de Jean Caby Lien interne son second, à Villers-Bocage. René est arrêté à son domicile le 4 mai 1944 par des agents de la Gestapo accompagnés de deux Français dont Daniel Collard. Son camarade Ernest Margerie est arrêté lui aussi, le même jour.

Incarcéré à la maison d’arrêt de Caen, il est parmi les détenus que les Allemands ont décidé de fusiller le 6 juin 1944 suite au débarquement des alliés. Inhumés dans une cour de la prison puis exhumés le 30 juin avant que la ville ne soit libérée, les corps ont été transportés en camion pour une destination restée inconnue encore à ce jour.

Son nom figure sur le monument aux morts, à Jurques (Calvados), sur une plaque commémorative dans les locaux d’Enédis à Bayeux, rue de la Résistance, et dans le mémorial de l’« Alliance », publié en 1945. Son nom figure également sur la plaque commémorative dans le hall de l’immeuble de bureaux d’EGF (aujourd’hui Enédis) à Caen, 8-10 promenade du Fort, où figurent tous les noms des victimes de la Seconde Guerre mondiale employées dans les sociétés électriques et/ou gazières du Calvados nationalisées en 1946 à l’origine d’Eléctricité de France et de Gaz de France. Une stèle à son nom a été posée à Jurques.

Depuis 1944, plusieurs lieux de mémoire liés au massacre de la prison ont été créés dans la ville de Caen. Une plaque commémorative a été apposée le 6 juin 1945, à droite du portail d’entrée de la maison d’arrêt, par le syndicat des agents des services pénitentiaires des prisons de Caen, le 6 juin 1945. Des plaques de rue dédiées à plusieurs victimes, membres de la Résistance, ont été dévoilées dans les quartiers Saint-Paul, Saint-Gabriel, Maladrerie au cours des décennies 1950 et 1960. Un rond-point devant l’entrée de la maison d’arrêt a été inauguré le 12 janvier 1951 avec l’inscription « Rond-point des 87 fusillés ». Ce chiffre, pourtant erroné, a été repris sur le monument dédié aux « Résistants abattus à la prison de Caen le 6 juin 1944 » dans les jardins du Mémorial de Caen. Son inauguration date du 6 juin 1989.

Ces supports de mémoire basés sur des sources fragmentaires et fragiles témoignent, durant toutes ces années, de la méconnaissance des faits. Le nombre des victimes est aujourd’hui établi à 73. Par ailleurs, le terme de fusillés, s’il peut être utilisé par commodité de langage, ne correspond pas à la réalité. Les victimes de la barbarie nazie, 71 hommes et 2 femmes, n’ont pas été fusillées au terme d’un jugement prononcé par un tribunal militaire allemand, mais exécutées sur décision du chef de la SIPO-SD de Caen (Gestapo), avec l’aval de ses supérieurs du siège régional de la Gestapo à Rouen.

En 2025, les corps des suppliciés du 6 juin 1944 n’ont toujours pas été retrouvés. Cependant la connaissance des faits progresse grâce à de nouveaux éléments documentaires, aux sondages et aux fouilles archéologiques des services du département du Calvados, de la DRAC Normandie et des services de l’Etat. L’espoir demeure parmi les descendants des victimes de les retrouver un jour.

Sources : SHD-Caen : AC 21P263785 ; SHD-Caen : AC 21P479935 ; Association Amicale « Alliance », Mémorial de « L’Alliance », 1945, p. 70-71 ; Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados, 2004, p. 164 ; D. Barraud, Les gaziers et électriciens du Calvados victimes de la 2 e Guerre mondiale, p. 15-16 ; J. Vico et J. Quellien, Massacres nazis en Normandie – Les fusillés de la prison de Caen, p. 133-144 ; memorialgenweb.org

Dominique Barraud, Gérard Fournier

Mots-clés :

Exécuté
  • 20-3-1913
  • Caen, Calvados
  • Jurques, Calvados
  • 4-5-1944
  • Jurques, Calvados
  1. Caen, Maison d'arrêt, Calvados
Décédé
  • 6-6-1944
  • Caen, Calvados
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