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ROUGEYRON André
Né le 22 septembre 1899 à Domfront (Orne) ; domicilié à Domfront ; déporté le 15 août 1944 à Buchenwald ; rescapé.
ROUGEYRON André // Naissance : 22-9-1899 à Domfront (Orne) ; Domicile : Domfront Orne () ; Repression : Déporté le 15-8-1944 à ; ; Rescapé Celle Allemagne
André Rougeyron est une figure importante de la Résistance ornaise. Il est né dans une famille aisée de Domfront, d’un père professeur d’anglais et d’une mère occupée au foyer. Pendant la Grande Guerre, André, très jeune, est pilote d’avion. La paix revenue, il mène une carrière de pilote d’essai dans l’automobile et participe lui-même à de nombreuses courses. En 1932, il arrête la compétition et devient expert automobile.
Dès le début de l’Occupation, il cherche à agir. Il commence par cacher des armes
et des munitions dans le domicile familial, le pittoresque Chalet du Brouillard, accroché
à la falaise de la vieille ville de Domfront. Sa profession d’expert automobile puis,
à partir de 1943, les missions de formateur au système gazogène que lui confie l’Automobile
Club de l’Ouest lui permettent de circuler aisément dans l’Ouest, de prendre des contacts
et de rassembler des renseignements sur les dispositifs militaires allemands. Il intègre
le réseau Centurie en décembre 1941 et Comète en 1942. Cette même année, par l’intermédiaire
de son ami Claude Monod, il entre dans le mouvement Défense de la France. Il rejoint
également le réseau Vengeance. Avec Paul Alasseur
, il fournit de faux papiers aux clandestins et réfractaires, dont bénéficiera par
exemple la famille du juge Milhaud en 1943. Pendant l’été 1943, André Rougeyron organise
la première opération de ce qui deviendra sa « spécialité » : le sauvetage d’aviateurs
alliés. Il récupère, cache puis permet l’exfiltration d’une partie de l’équipage d’un
B17 américain abattu à La Coulonche (Orne) le 4 juillet. Grâce à ses amis, sa famille
et de nombreux contacts dans la région, dont Almire Viel, il viendra en aide à dix
aviateurs américains et britanniques entre juillet 1943 et juillet 1944. Pendant les
bombardements alliés de juin et juillet 1944, il joue un rôle majeur dans la défense
passive de Domfront, dont il devient officiellement le chef le 4 juillet. Dans ce
cadre, il s’efforce d’empêcher les pillages des militaires allemands et des travailleurs
de l’Organisation Todt.
Malheureusement, le 3 août 1944, à 7 heures du matin, il est arrêté lors d’une opération
menée par les auxiliaires français de la SD, dirigée par Hans Roegler, le second de
Hildebrandt. Les raflés, parmi lesquels Pierre Bruneau
et René Barbier
, sont d’abord rassemblés dans un pré de Saint-Brice-en-Passais (Orne). André Rougeyron
y est longuement torturé mais il ne parle pas. Le soir, il est enfermé avec Bruneau
et Barbier à la prison des Ducs à Alençon. Le 9 août, ils sont transférés à Fresnes,
puis déportés le 15 à destination de Buchenwald où le convoi arrive le 20 après un
trajet éprouvant. Placé d’abord dans le « Petit camp », avec le matricule 77 103,
jusqu’au 16 septembre 1944, André est ensuite affecté au Kommando de Holzen le 18 septembre. Il y est employé à des travaux de terrassement et à l’aménagement
d’une usine souterraine dans des mines d’asphalte. En avril 1945, face à l’arrivée
des troupes alliées, les Allemands évacuent le camp : le 5, André embarque dans les
bennes à charbon d’un train qui le conduit à Drütte, un Kommando de Neuengamme, en Basse-Saxe. Le 7, le Kommando est évacué à son tour. Lors du passage en gare de Celle, le train est bombardé par
l’aviation alliée. André en profite pour s’échapper en compagnie de Delphin Debenest,
magistrat à Poitiers qui fera partie quelques mois plus tard de la délégation des
juristes français à Nuremberg. Après plusieurs jours très difficiles, les deux hommes
parviennent à se cacher parmi un groupe de Français requis du STO, puis ils sont pris
en charge le 13 avril par l’avant-garde britannique. Le 25 avril, André est transporté
à Bruxelles en avion depuis Celle, puis il rentre en Normandie via le centre de rapatriement
d’Hazebrouck (Nord) et Paris.
En mai 1945, à peine rentré, André Rougeyron est élu maire de Domfront ; il le restera jusqu'en mars 1959. Le 30 décembre 1967, il décède dans un accident de voiture à La Ferté-Macé (Orne).
Sources : Arolsen ; SHD Caen : 21P666824 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; A. Rougeyron André, Agents d’évasion, Agents for escape, 1947 ; B. Desgrippes, André Rougeyron, entre ciel et terre, 2020
Erwan Cheminel
Mots-clés :
- 22-9-1899
- Domfront, Orne
- Domfront, Orne
- 3-8-1944
- Domfront, Orne
- Alençon, Château des Ducs, Orne
- Fresnes, Seine
- Buchenwald (77103)
- Holzen (77103)
- Drütte (77103)
- 8-4-1945
- Celle, Allemagne




