
Photo : SHD-Caen
SAUVAGET Antonine
Née le 14 avril 1887 à Lesson (Vendée) ; domiciliée à Neaufles-Saint-Martin (Eure) ; déportée le 31 janvier 1944 à Ravensbrück ; décédée le 22 décembre 1944 à Ravensbrück.
SAUVAGET Antonine // Naissance : 14-4-1887 à Lesson (Vendée) ; Domicile : Neaufles-Saint-Martin Eure () ; Repression : Déportée le 31-1-1944 à ; 22-12-1944 à Ravensbrück (Allemagne) ; Décédée
Antonine Sauvaget s’est mariée en 1905 à Alexandre Laurent
désormais gendarme à la retraite. Tous les deux originaires de Lesson en Vendée,
ils s’étaient installés en 1934 en Normandie, dans le village de Neaufles-Saint-Martin,
non loin de Gisors, à la frontière avec le département de l’Oise. Alexandre poursuit
désormais une activité d’agent d’assurance dans une compagnie rouennaise. En octobre
1942, suite à leur rencontre avec Jules Villegas
, restaurateur à Neaufles, le couple rejoint le réseau Prosper dépendant de la section
française du SOE britannique.
Le couple est arrêté à son domicile le 29 juin 1943, dans la même affaire que Georges
Darling
, et Sylvain Sénécaux
. Ils sont les victimes collatérales de l’arrestation du chef du réseau Franck Suttill
et de son radio Georges Norman, le 23 juin 1943, à Paris. Imprudences, infiltrations
ou traitrises – les versions divergent sur les causes – sont à l’origine du démantèlement
par l’Abwehr du réseau de résistance. Dans la région, après l’arrestation et la mort de
Georges Darling, le 26 juin, la Gestapo et la police française poursuivent leurs investigations…
Les perquisitions dans le logement des Laurent mènent à la découverte de matériel
militaire allié et de plusieurs parachutes. En effet, leur domicile était à proximité
du terrain de parachutage du réseau et servait de caches d’arme et de cache pour de
nombreux aviateurs ou parachutistes alliés.
Accusée d’avoir aidé au sauvetage de soldats britanniques, elle est conduite comme
son mari à la prison de Fresnes, le 29 juin 1943. Elle est sortie de sa cellule le
30 novembre pour rejoindre la prison destinée aux femmes, le fort de Romainville (mle
3884), dans la ceinture parisienne. Le 24 janvier 1944, elle est transférée au camp
de rassemblement de Compiègne (mle 26 711), véritable antichambre des camps de concentration
du Reich. Sept jours plus tard, le 31 janvier – son mari Alexandre décède ce jour-là au KL Buchenwald – elle figure parmi les quelque 950 détenues du convoi destiné au KL des femmes, Ravensbrück. Arrivée le 3 février 1944, elle est immatriculée sous le
numéro 27 452. Elle y retrouve Jeanne Forcinal
.
Antonine Laurent, âgée de 66 ans, ne survit pas aux effroyables conditions d’existence de la vie concentrationnaire. Selon le témoignage d’une de ses camarades, elle était atteinte d’une bronchite qui s’est aggravée avec l’hiver, puis de dysenterie, et est soignée par ses camarades. Mais contrainte et forcée, elle rejoint le Revier où elle décède le lendemain, le 22 décembre 1944
Son nom figure sur le monument aux morts de Neaufles-Saint-Martin ainsi que sur une plaque commémorative dédiée aux membres du réseau Prosper « Aux morts du réseau »
Sources : SHD-Caen : 21P473291 ; SHD-Vincennes : 16P537518, 28P11 106 ; memorialgenweb.org, memoiresdeshommes.defense.gouv.fr
Françoise Passera
Mots-clés :
- 14-4-1887
- Lesson, Vendée
- Neaufles-Saint-Martin, Eure
- 29-6-1943
- Neaufles-Saint-Martin, Eure
- Fresnes, Prison centrale de Fresnes, Seine
- Les Lilas, Fort de Romainville, Seine (3884)
- Compiègne, Oise (26171)
- Ravensbrück (27452)
- 22-12-1944
- Ravensbrück, Allemagne




