
POIRIER Clément, Victor
Né le 30 janvier 1912 à La Ferté-Macé (Orne) ; domicilié à Mardilly (Orne) ; déporté le 17 août 1944 à Buchenwald ; décédé le 20 avril 1945 à Riemsdorf.
POIRIER Clément, Victor // Naissance : 30-1-1912 à La Ferté-Macé (Orne) ; Domicile : Mardilly Orne () ; Repression : Déporté le 17-8-1944 à ; 20-4-1945 à Reimsdorf (Allemagne) ; Décédé
Clément Poirier voit le jour le 30 janvier 1912 à la Ferté-Macé, chez son grand-père maternel. Ses parents, Victor et Constance Poirier sont cultivateurs et habitent au lieu-dit « La Biotière » à Chaumont (Orne). Il est le dernier d’une fratrie de trois fils. Il devient à son tour cultivateur et travaille initialement à la ferme familiale, après avoir perdu son père jeune. En octobre 1934, il épouse Renée, avec laquelle il a trois enfants entre 1937 et 1940. En 1939, après avoir vécu un temps à Sainte-Gauburge (Orne), Clément Poirier s’installe avec sa famille à Mardilly, au lieu-dit « Le Dos Lavé. » Il est mobilisé début septembre 1939 et sert au sein du 2e régiment de cuirassiers de février à juin 1940. Fin août 1940, il est démobilisé à Montech (Tarn-et-Garonne) et rejoint ensuite l’Orne.
Il s’engage dans la Résistance courant 1943. Membre de l’OCM, il intègre le groupe
BOA de Mardilly, dirigé par Maurice Violet
. Ce groupe est composé de plusieurs cultivateurs et artisans originaires du village
et de ses environs. En tant que membre, Clément Poirier participe à la réception de
plusieurs parachutages sur les terrains « Grêle I » et « Grêle II », situés respectivement
à Échauffour (Orne) et Cisai-Saint-Aubin (Orne) durant la première moitié de l’année
1944. Il prend également part au transport des armes parachutées vers plusieurs dépôts
clandestins. Après le 6 juin 1944, le résistant et le reste du groupe de Mardilly
abattent des arbres sur les routes pour entraver le mouvement des Allemands et attaquent
plusieurs de leurs véhicules.
Le 17 juin 1944, Clément Poirier se trouve chez Maurice Violet, à Mardilly, en compagnie
de ce dernier, André Blanchard
, Alfred Buffard
, Henri Chemin
, Emmanuel Ernault
, Roland Fontaine
, Jean Goudier
, Bernard Lavigne, Albert Petit, Émile Rouzier
et de Raymond Serée. Le but de cette réunion est de planifier les prochaines opérations
de guérilla. Mais une imprudence de la part d’Alfred Buffard a pour conséquence l’arrestation
de l’intégralité du groupe le même jour par des supplétifs français de la Sipo-SD de l’Orne. Les résistants arrêtés, dont Clément Poirier, sont convoyés par camion
jusqu’à l’Institution Sainte-Marie, à Gacé (Orne). Pendant trois jours, ils y sont
martyrisés par leurs geôliers. Ils sont ensuite transférés au camp de Damigny (Orne)
le 20 juin 1944 puis à la prison d’Alençon le 5 juillet suivant. Clément Poirier,
comme ses compagnons, est transféré au camp de Royallieu à Compiègne (Oise) à une
date inconnue au cours de l’été 1944 (mle 46 798).
Le parcours de Clément Poirier est ensuite similaire à celui de plusieurs de ses camarades du groupe de Mardilly : le 17 août 1944, il est déporté depuis Compiègne en direction du camp de concentration de Buchenwald, où il arrive quatre jours plus tard (mle 80 942). Le 13 septembre 1944, il est affecté au nouveau Kommando de Neu Stassfurt. Les détenus affectés à ce Kommando, presque tous Français, doivent creuser des galeries dans d’anciennes mines de sel afin d’installer une usine de fabrication d’armes. En raison de l’avancée des troupes alliées, le Kommando est évacué début avril 1945. Après plusieurs jours de marche forcée en direction du sud-est, le 20 avril 1945, alors que les détenus se trouvent entre Riemsdorf et Kurort-Hartha, Clément Poirier s’effondre, à bout de force. Il est abattu sur le champ par un SS. Quelques instants auparavant, il avait eu le temps de remettre son alliance à un de ses camarades, le chargeant de la retourner à son épouse.
Le nom de Clément Poirier figure sur le monument aux morts de Chaumont et de Mardilly.
Sources : Archives Arolsen ; SHD-Caen : 21P526681 ; EC (La Ferté-Macé) ; AD61 : R1382, M1470/11,520W38/09 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; asso-buchenwald-dora.com ; bddm.org ; geneanet.org ; 2rc1940.fr
Tristan Rondeau
Mots-clés :
- 30-1-1912
- La Ferté-Macé, Orne
- Mardilly, Orne
- 17-6-1944
- Mardilly, Orne
- Damigny, Orne
- Alençon, Orne
- Compiègne, Oise (46798)
- Buchenwald (80942)
- Neu Stassfurt
- 20-4-1945
- Reimsdorf, Allemagne




