
Photo : SHD-Caen
ROUZIER Émile, Lucien
Né le 11 août 1924 à Gesvres (Mayenne) ; domicilié à Ménil-Hubert-en-Exmes (Orne) ; déporté le 17 août 1944 à Buchenwald ; décédé le 7 avril 1945 à Neu Stassfurt.
ROUZIER Émile, Lucien // Naissance : 11-8-1924 à Gesvres (Mayenne) ; Domicile : Ménil-Hubert Orne () ; Repression : Déporté le 17-8-1944 à ; 7-4-1945 à Neu Stassfurt (Allemagne) ; Décédé
Le 17 juin 1944, en fin d’après-midi, Maurice Violet
, chef BOA du secteur de Mardilly près de Gacé, réunit dans sa ferme plusieurs membres
de son groupe afin de planifier les actions à mener contre les forces allemandes.
Quelques heures avant, des auxiliaires français de la Sipo-SD agissant sur les ordres de Bernard Jardin, se faisant passer pour des résistants,
prennent contact avec Alfred Buffard
, chef du BOA pour le canton de Gacé, également attendu chez Maurice Violet. Après
avoir été conduits chez ce dernier, ces collaborateurs français surprennent les résistants
du groupe BOA de Mardilly. Le chef de groupe est interpellé aux côtés d’André Blanchard,
Henri Chemin
, Emmanuel Ernault
, Roland Fontaine
, Jean Goudier
, Bernard Lavigne, Clément Poirier
, Émile Rouzier
et Raymond Serée
. Présent à cette réunion, Émile Rouzier n’échappe pas au coup de filet des supplétifs
français de la Sipo-SD.
Fils d’Émile, Léon, Constant Rouzier et de Lucie, Adélina Soyer, tous deux cultivateurs exploitants d’une ferme située à Rougeterre à Gesvres en Mayenne, Émile Rouzier suit les traces de ses parents et devient aide de culture. En 1944, il est célibataire et domicilié à Ménil-Hubert-en-Exmes. Les sources divergent sur les dates et les circonstances de son entrée en Résistance. Réfractaire au STO, il aurait rejoint le réseau BOA au sein du groupe de Mardilly en juin 1943. Selon d’autres sources, il intègre la Résistance en janvier 1944.
Après son arrestation, Émile Rouzier est conduit en camion avec ses camarades à l’institution Sainte-Marie de Gacé. Ils y sont violemment interrogés avant d’être transférés, trois jours plus tard, au camp de Damigny puis, le 13 juillet 1944, à la prison d’Alençon. Il est ensuite transféré le 8 août au camp de transit de Royallieu à Compiègne (Oise) (mle 47 501). Le 17 août 1944, il est déporté directement depuis la gare de Rethondes vers le KL Buchenwald où il est immatriculé sous le numéro 80 959 à son arrivée quatre jours plus tard. Le 13 septembre 1944, aux côtés d’Alfred Buffard, Henri Chemin, Emmanuel Ernault, Jean Goudier, Clément Poirier, Maurice Violet et de la plupart des Français du convoi du 17 août, Émile Rouzier est transféré au Kommando de Neu Stassfurt où les détenus doivent aménager des unités de production d’armement dans une ancienne mine de sel située à 460 m sous terre.
Il ne résiste pas aux terribles conditions d’internement de Neu Stassfurt. Atteint de congestion pulmonaire, il est admis à l’infirmerie du camp début avril et meurt le 7 avril selon les témoignages de camarades de déportation rescapés dont l’Ornais Maurice Renoult.
Son nom figure sur le monument aux morts de Ménil-Hubert-en-Exmes et sur le Mur Mémorial des déportés de la Mayenne situé dans le musée de la Déportation dans cette ville éponyme.
Sources : Archives Arolsen ; SHD-Caen : 21 P 532190 ; AD 53 : 4 E 122/29 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; asso-buchenwald-dora.com, bddm.org, memorialgenweb.org
Sébastien Beuchet
Mots-clés :
- 11-8-1924
- Gesvres, Mayenne
- Ménil-Hubert, Orne
- 17-6-1944
- Mardilly, Orne
- Gacé, Gendarmerie, Orne
- Damigny, Orne
- Alençon, Château des Ducs, Orne
- Compiègne, Oise (47501)
- Buchenwald (80959)
- Neu Stassfurt (80959)
- 7-4-1945
- Neu Stassfurt, Allemagne




