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VIOLET Maurice, Paul, Désiré

Photo : AP Y. Gourdel

VIOLET Maurice, Paul, Désiré

Né le 16 novembre 1913 au Merlerault (Orne) ; domicilié à Mardilly (Orne) ; déporté le 17 août 1944 à Buchenwald ; décédé le 20 avril 1945 à Wilsdruff.

VIOLET Maurice, Paul, Désiré // Naissance : 16-11-1913 à Le Merlerault (Orne) ; Domicile : Mardilly Orne () ; Repression : Déporté le 17-8-1944 à  ; 20-4-1945 à Reimsdorf (Allemagne) ; Décédé

Maurice naît le 16 novembre 1913 au domicile familial au lieu-dit Les Érablais au Merlerault. Ses parents, Auguste, Joseph, Albert Violet et Pauline, Louise, Marie-Anne Guinebault y exploitent une ferme. Après des études primaires, suivant les traces de ses parents, Maurice Violet devient à son tour paysan. En 1933, au moment de son incorporation au 4e Régiment d’infanterie pour effectuer son service militaire, il est cultivateur à Saint-Évroult de Montfort près de Gacé dans l’Orne. En septembre 1939, il est mobilisé dans le 102e Régiment d’infanterie et participe à la Campagne de France. Démobilisé dans l’Indre le 10 août 1940, il rejoint l’Orne.

En mars-avril 1944, Maurice Violet entre en résistance comme agent de liaison au sein du réseau BOA-OCM sous la direction de Maurice Lefrançois Lien interne. Marié et père de trois enfants, il est désormais cultivateur à Mardilly. Après le débarquement en Normandie, devenu chef de groupe de l’organisation dans sa commune, il assure l’hébergement et le ravitaillement de maquisards qui se regroupent dans sa ferme où des dépôts d’armes sont constitués. Lui et ses hommes participent à des opérations de sabotage de routes et de voies ferrées en application du plan Action Tortue et multiplient les attaques de convois allemands.

Le 17 juin 1944, en fin d’après-midi, Maurice Violet réunit dans sa ferme plusieurs membres du groupe en vue des prochaines actions à mener contre l’occupant. Quelques heures auparavant, des auxiliaires français de la Sipo-SD agissant sur les ordres de Bernard Jardin, se faisant passer pour des résistants, prennent contact avec Alfred Buffard Lien interne, chef du BOA pour le canton de Gacé, également attendu chez Maurice Violet. Après avoir été conduits chez ce dernier, les collaborateurs français se saisissent des résistants André Blanchard, Henri Chemin Lien interne, Emmanuel Ernault Lien interne, Roland Fontaine Lien interne, Jean Goudier Lien interne, Bernard Lavigne, Clément Poirier Lien interne, Émile Rouzier Lien interne et Raymond Serée Lien interne. Maurice Violet est arrêté sous les yeux de ses deux filles, Paulette et Yvette, et de son épouse Marie-Thérèse, alors enceinte de leur troisième enfant.

Après leurs arrestations, Maurice Violet et ses hommes sont transportés en camion jusqu’à l’institution Sainte-Marie de Gacé. Ils y sont violemment interrogés avant d’être transférés, trois jours plus tard, au camp de Damigny puis, le 13 juillet 1944, à la prison d’Alençon. Ayant réussi à se disculper, André Blanchard est libéré le 29 juin. Après avoir vraisemblablement transité par le camp de Royallieu à Compiègne (Oise), Maurice Violet quitte le 17 août 1944 la France depuis la gare de Rethondes dans un convoi de déportation à destination du KL Buchenwald où il est immatriculé sous le numéro 80 958 à son arrivée quatre jours plus tard. Le 13 septembre 1944, aux côtés d’Alfred Buffard, Henri Chemin, Emmanuel Ernault, Jean Goudier, Clément Poirier, Émile Rouzier et de la plupart des Français du convoi du 17 août, Maurice Violet est transféré au Kommando de Neu Stassfurt où les détenus doivent aménager des unités de production d’armement dans une ancienne mine de sel située à 460 m sous terre.

Devant l’avancée des troupes alliées, le camp est évacué le 11 avril 1945 et les détenus entament une terrible marche de la mort en direction des Sudètes. Neuf jours plus tard, blessé à un genou par un SS, à bout de forces, ne pouvant plus marcher malgré l’aide de ses camarades, Maurice Violet est achevé au cours du trajet entre Reimsdorf et Kurort-Hartha sur la route de Wilsdruff à l’Ouest de Dresde.

Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Evroult-de-Montfort (Orne).

Sources : Arolsen ; SHD-Caen : 21P169107 ; AD61 : EC (Merlerault), C3NUMR1390_0249_M1152 ; F. Roland-Jacquelin, Biographie des victimes de l’Occupation allemande de 1939 à 1944, 1948, p. 29 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; Maurice Violet, combattant de l'ombre, assassiné en avril 1945, Ouest-France, 8 mai 2015 ; asso-buchenwald-dora.combddm.org, memorialgenweb.org

Sébastien Beuchet

Mots-clés :

Déporté
  • 16-11-1913
  • Le Merlerault, Orne
  • Mardilly, Orne
  • 17-6-1944
  • Mardilly, Orne
17-8-1944, I.265
  1. Buchenwald (80958)
  2. Neu Stassfurt (80958)
Décédé
  • 20-4-1945
  • Reimsdorf, Allemagne
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