
Photo : F. Roland-Jacquelin, 1948, p.16
GOUDIER Jean, Raymond
Né le 24 janvier 1925 à Eslettes (Seine-inférieure) ; domicilié à Gacé (Orne) ; déporté le 17 août 1944 à Buchenwald ; décédé le 17 avril 1945 à Oberaudenhain.
GOUDIER Jean, Raymond // Naissance : 24-1-1925 à Eslettes (Seine-Inférieure) ; Domicile : Gacé Orne () ; Repression : Déporté le 17-8-1944 à ; 17-4-1945 à Oberaudenhain (Allemagne) ; Décédé
Le 24 janvier 1925, Jospéhine, Françoise Caillou, ménagère, donne naissance à un garçon, Jean, Raymond Goudier à son domicile situé au lieu-dit Le Village à Eslettes, une commune du Pays de Caux situé à quelques kilomètres au nord de Rouen. Le père de l’enfant, Julien, Albert Goudier, ancien combattant décoré de la Croix de Guerre, assure la subsistance du foyer avec son emploi d’ouvrier d’usine. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il vit avec sa mère et assure le rôle de soutien de famille, son père ayant succombé de la maladie contractée au cours de la Grande Guerre. Appelé au STO en 1943, il est camouflé dans l’Orne par sa sœur, épouse Poussin, à Ménil-Hubert-en-Exmes et à Mardilly.
En 1944, Jean Goudier, célibataire, est ouvrier agricole à Gacé. Après le débarquement allié en Normandie, il rejoint la Résistance au sein du mouvement OCM et participe à des opérations de sabotage de routes et de voies ferrées en application du plan Action Tortue.
Le 17 juin 1944, Maurice Violet, chef BOA du secteur de Mardilly près de Gacé, réunit
dans sa ferme plusieurs membres de son groupe afin d’organiser les prochaines actions
contre l’ennemi. Peu avant, des auxiliaires français de la Sipo-SD agissant sur les ordres de Bernard Jardin se faisant passer pour des résistants,
prennent contact avec Alfred Buffard
, chef du BOA pour le canton de Gacé, également attendu chez Maurice Violet
. En fin d’après-midi, après avoir été conduits chez ce dernier, ces collaborateurs
français surprennent les résistants du groupe BOA de Mardilly. Le chef de groupe est
interpellé aux côtés d’André Blanchard, Henri Chemin
, Emmanuel Ernault
, Roland Fontaine
, Bernard Lavigne, Clément Poirier
, Émile Rouzier
et Raymond Serée
. Présent à cette réunion, Jean Goudier n’échappe pas au coup de filet des supplétifs
français de la Sipo-SD.
Il est conduit avec ses camarades à l’institution Sainte-Marie de Gacé. Ils y sont violemment interrogés avant d’être transférés, trois jours plus tard, au camp de Damigny puis à la prison d’Alençon. Suivant le même parcours d’internement que les autres résistants arrêtés le 17 juin 1944 chez Maurice Violet, Jean Goudier est transféré à une date indéterminée au camp de transit de Royallieu à Compiègne (Oise) (mle 46 780). Le 17 août 1944, il est déporté directement depuis la gare de Rethondes vers le KL Buchenwald où il est immatriculé sous le numéro 81 182 à son arrivée quatre jours plus tard. Le 13 septembre 1944, aux côtés d’Alfred Buffard, Henri Chemin, Emmanuel Ernault, Émile Rouzier, Clément Poirier, Maurice Violet et de la plupart des Français du convoi du 17 août, Jean Goudier est transféré au Kommando de Neu Stassfurt où les détenus, soumis à des conditions d’internement inhumaines, doivent aménager des unités de production d’armement dans une ancienne mine de sel située à 460 m sous terre.
Devant l’avancée des troupes alliées, le camp est évacué le 11 avril 1945 et les détenus entament alors une terrible marche de la mort en direction des Sudètes. Six jours plus tard, Jean Goudier, à bout de forces, est achevé avec d’autres détenus malades et blessés entre Oberaudenhain et Bockwitz en Saxe.
Son nom figure sur le monument aux morts de Eslettes.
Sources : Archives Arolsen ; SHD-Caen : 21 P 457688 ; EC (Eslettes) ; F. Roland-Jacquelin, biographie des victimes de l’Occupation allemande de 1939 à 1944, 1948, p.16 ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; asso-buchenwald-dora.com, bddm.org, memorialgenweb.org
Sébastien Beuchet
Mots-clés :
- 24-1-1925
- Eslettes, Seine-Inférieure
- Gacé, Orne
- 17-6-1944
- Gacé, Orne
- Buchenwald (81182)
- Neu Stassfurt (81182)
- 17-4-1945
- Oberaudenhain, Allemagne




