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MORVAN Henri

Photo : ONaCVG

MORVAN Henri

Né le 26 juillet 1923 au Havre (Seine-Inférieure) ; domicilié au Havre (Seine-Inférieure) ; déporté le 24 janvier 1943 à Sachsenhausen ; rescapé.

MORVAN Henri // Naissance : 26-7-1923 à Le Havre (Seine-Inférieure) ; Domicile : Le Havre Seine-Inférieure () ; Repression : Déporté le 24-1-1943 à  ;  ; Rescapé Schwerin Allemagne

Henri Morvan est né à la maternité de l’hôpital du Havre. La famille, demeurant 9 place du Vieux Marché au Havre, a déjà deux enfants : Yves né en 1918 à Morlaix et Jean né en 1920 au Havre. Quant à son père, Yves Morvan, il est marin et le plus souvent absent du foyer. Sa mère, Marie Françoise Allanic, est femme de chambre et cuisinière ; elle assure l’essentiel de l’éducation des enfants.

Après une brillante scolarité à l’école des garçons de son quartier, Henri entre en apprentissage aux chantiers navals Augustin Normand du Havre. Son CAP d’ajusteur-mécanicien obtenu, il y est embauché en 1939. C’est alors un jeune célibataire de 1m 75, aux cheveux châtains, avec un œil gris et l’autre vert.

Henri est requis sur son lieu de travail dès le début de la guerre, après la mobilisation de septembre 1939. Mais, lors de l’invasion allemande, en juin 1940, il part en exode vers la Bretagne. A son retour, un ami, Michel Burgard, le présente à Jean Gérard Morpain Lien interne qui le recrute fin octobre 1940 dans le Groupement de Résistance Générale, un mouvement de résistance d’obédience gaulliste. Il est affecté dans la « trentaine » de l’Hôtel de Ville dirigée par Pierre Morgand père et plus précisément à la « dizaine » dirigée par Pierre Morgand Lien interne fils. Il distribue des tracts et des journaux de propagande gaulliste. En janvier 1941, il est incorporé dans la section paramilitaire et participe à la récupération et au transport d’armes et d’explosifs laissés par les Britanniques dans différents lieux de la ville.

Après l’arrestation, en avril 1941, de Gérard Morpain et de nombre de résistants du Groupement, Henri se dissimule dans le Centre de Jeunesse de Normanville aux environs de Fécamp. En novembre 1941, il rejoint son groupe de résistants sous la direction de Pierre Morgand ; il reprend les transports d’armes et participe à l’entraînement au maniement des armes des nouvelles recrues. Ce groupe est intégré début 1942 au sein du réseau « L’Heure H ». Selon son témoignage, il participe à certains sabotages de navires ennemis.

Henri est arrêté, en rentrant à son domicile avec une arme, le 25 novembre 1942, par la Gestapo dans la même affaire que Joseph Drillet Lien interne, René Gandon Lien interne, Jean Langlois Lien interne, Pierre Morgand Lien interneet Yves Tanguy Lien interne. Il est incarcéré à la prison du Havre puis au Palais de Justice de Rouen, du 3 décembre 1942 au 19 janvier 1943. A cette date, il rejoint le camp de rassemblement de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation sur le territoire du Reich. Les résistants arrêtés partent ainsi les convois du 23 et 24 janvier 1943vers le camp de concentration de Oranienburg-Sachsenhausen. Henri part le 24 janvier, et reçoit le matricule 58 785. Il est affecté pour une dizaine de jours dans la baraque d’isolement n° 10. En février 1943, Henri est ensuite utilisé comme main-d’œuvre forcée au

camp-usine Heinkel, situé à Gemendorf près de Oranienburg. Il travaille au Hall 7 aux ateliers d’ajustage des ailes du bombardier He 177. Résistant en France, Henri participe avec ses camarades, à la résistance clandestine sous les ordres de Fernand Chatel Lien interne lui aussi affecté au Hall 7. Henri est resté dans ce camp-usine jusqu’à son évacuation, le 21 avril 1945. Comme les déportés du camp principal de Sachsenhausen, il est jeté sur la route pour une marche forcée de 200 km vers le nord-ouest de l’Allemagne.

Henri est libéré près de Schwerin le 3 mai 1945. Épuisé, amaigri, malade, à bout de vie, il est hospitalisé pendant un mois à Haguenow. Rapatrié par avion le 13 juin, il rejoint le centre d’accueil des déportés, l’hôtel Lutetia à Paris. Après un séjour à l’hôpital de Rouen, il est envoyé en convalescence au château des Câteliers à Houppeville jusqu’à la fin du mois d’octobre 1945. Il y fête ses 22 ans et rencontre sa future femme, Vénus Lechartier, avec qui il éduquera 8 enfants.

Henri Morvan décède le 18 mars 1991 à Houppeville. En 2020, un monument est inauguré en hommage aux six déportés de Houppeville sur lequel figure le nom d’Henri Morvan.

Sources : SHD-Caen : 21P625244; SHD-Vincennes : 16P432453 ; AD76 : archives CHU Rouen) ; archives du Mémorial Musée de Sachsenhausen.

Catherine Voranger, Francine Morvan, Claudine Morvan

Mots-clés :

Déporté
  • 26-7-1923
  • Le Havre, Seine-Inférieure
  • Le Havre, Seine-Inférieure
  • 25-11-1942
  • Le Havre, Seine-Inférieure
  1. Rouen, Seine-Inférieure
  2. Compiègne, Royallieu, Oise
24-1-1943, I.074
  1. Sachsenhausen (58785)
  2. Heinkel (58785)
Rescapé
  • NA-5-1945
  • Schwerin, Allemagne
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