
Photo : ONaCVG
JOLY Jacques, Eugène
Né le 10 mars 1923 à Pont-Audemer (Eure) ; domicilié à Triqueville (Eure) ; déporté le 13 octobre 1943 à Karlsruhe ; rescapé.
JOLY Jacques, Eugène // Naissance : 10-3-1923 à Pont-Audemer (Eure) ; Domicile : Tricqueville-par-Pont-Audemer Eure () ; Repression : Déporté le 13-10-1941 à ; ; Rescapé Landsberg Allemagne
Fils de Prosper Joly, gendarme à cheval, originaire de la Somme et Alexandrine Gentil, sans profession, Jacques est leur dernier enfant. Ses sœurs aînées sont nées en 1918 pour Éliane et 1920 pour Odile.
A l’âge adulte, le jeune homme exerce la profession de mécanicien. Bien qu’il ne soit
pas affilié au réseau d’évasion Pat O’Leary, le jeune homme rend régulièrement des services… Depuis qu’il a rencontré Jean-Constant
Bourgeois
. C’est ainsi qu’il exécute pour le compte d’Albert Bonhomme
un plan détaillé du champ d’aviation allemand situé sur sa commune, sur lequel il
mentionne les bâtiments et les emplacements des unités de Défense contre avions (DCA).
Le plan circule de mains en mains, celles de Léonce Famery
puis celles d’Émile Pault
et arrive finalement jusqu’en Grande-Bretagne. Peu de temps après, l’aérodrome subit
les foudres de l’aviation aérienne, déjà ciblé depuis la fin de l’année 1942.
Il participe aussi au rapatriement de soldats anglais resté sur les côtés après 1940.
Probablement suite à une dénonciation, une bonne partie du réseau tombe et Jacques
Joly avec. Ainsi, Léonce Famery est arrêté le 10 mars, puis le 23 c’est autour du
Dr Jouannot
. Quant à Jacques Joly, il est interpellé sur son lieu de travail par trois hommes
de la Gestapo le 7 avril 1941, le même jour qu’Albert Bonhomme interpellé à Rouen. Et le lendemain,
c’est au tour d’Henriette Lavoisey
, Albert Allais
et Félix Prual
. Les sept détenus comparaissent devant le tribunal militaire du « Gross paris » qui
se réserve le droit de juger les affaires les plus importantes. Albert Allais est
condamné à 12 ans de travaux forcés, Henriette Lavoisey est condamnée à la réclusion
à perpétuité et les autres, condamnés à mort, bénéficient d’une remise de leur peine
commuée en travaux forcés à perpétuité.
Si ses camarades sont dirigés vers Fresnes, Henriette Lavoisey et Jacques Joly – il est mineur - sont incarcérés le 9 avril à la prison de la Santé où il reste jusqu’après son jugement le 23 septembre. Ils rejoignent alors la prison de Fresnes avant d’être déportés. Le 13 octobre, un train de voyageurs avec 45 détenus s’ébranle au départ de la gare de l’Est. Ils sont conduits sur le territoire du Reich à destination de la prison de transit de Karlsruhe avant de rejoindre la prison de Rheinbach pour les hommes, Anrath pour la jeune femme. Peut-être parce qu’il n’est pas véritablement affilié à Pat O’ Leary, le jeune homme est le seul qui rejoint la prison de Ludwigsburg puis celle de Landsberg le 2 avril 1945. Les archives ne livrent rien sur la date et les circonstances de sa libération. Quoiqu’il en soit, il est enregistré par le centre d’accueil de Mulhouse (Haut-Rhin) le 21 mai 1945.
En 1962, il obtient une pension définitive à 95%, victime des conditions d’existence pendant quatre ans, dans les prisons allemandes.
Jacques Joly est décédé le 22 avril 1968 à l’âge de 45 ans à Besançon( Doubs).
Sources : Arolsen ; SHD-Caen : 21 P 577099; SHD-Vincennes : 16P310745 ; AD27 : 2E7018
Françoise Passera
Mots-clés :
- 10-3-1923
- Pont-Audemer, Eure
- Tricqueville-par-Pont-Audemer, Eure
- 7-4-1941
- Eure
- Rouen, Palais de justice, Seine-Inférieure
- Paris, Prison de la Santé, Seine
- Fresnes, Seine
- Karlsruhe
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- Landsberg
- Landsberg, Allemagne




