
MOREAU Jean, Yves, Marie
Né le 10 octobre 1910 à Pouldavid-sur-Mer (Finistère) ; domicilié à Caen (Calvados) ; exécuté le 9 août 1944 à L'Hôme-Chamondot (Orne).
MOREAU Jean, Yves, Marie // Naissance : 10-10-1910 à Pouldavid-sur-Mer (Finistère) ; Domicile : Pouldavid-sur-Mer Côtes-du-Nord () ; Repression : Exécuté le 9-8-1944 à L'Hôme-Chamondot (Orne) ; Décédé
Jean Moreau voit le jour au domicile familial situé dans le bourg de Pouldavid-sur-Mer. Son père, Joseph Moreau assure la subsistance du foyer grâce à son emploi de manœuvre tandis que sa mère, Marie-Anne Douy, est, selon la formule de l’époque, ménagère. Membre d’une adelphie de huit enfants, il doit quitter rapidement le domicile familial et monte à Paris.
Sous l’occupation allemande, Jean Moreau, célibataire, réside chez sa mère au 46 rue de la République à Caen. Il exerce alors le métier de coiffeur. Mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale au 44e Régiment d'artillerie mixte divisionnaire (RAMD), il participe à la campagne de France avant d’être capturé le 21 juin 1940 à La Capelle dans l’Aisne. Jean Moreau est interné au Frontstalag de Neuf-Brisach (Haut-Rhin) avant son transfert, le 2 août 1940, au Stalag VII A à Moosburg (mle 43 166) puis le 16 septembre au Stalag IV B Mühlberg puis enfin au Stalag IV G à Oschatz. Le 6 juillet 1942 ; il est interné six mois au Stalag 325, un camp de représailles pour prisonniers de guerre, situé à Rawa-Ruska en Ukraine. Le 24 décembre 1942, il est conduit au Stalag III A de Lückenwalde puis le 3 février 1943 au VI D à Dortmund avant son envoi deux jours plus tard au Bau-und-Arbeitsbataillon (« bataillon de construction et de travailleurs ») 45 à Osnabrück d'où il s'évade le 17 mai 1943.
Après avoir réussi à retourner clandestinement en France en passant par les Pays-Bas
et la Belgique, Jean Moreau alias « Dédé », est recruté en juin 1943 par le résistant
Albert Trividic, ancien responsable du Front National dans le canton de Pont-Croix.
Il est chargé de missions de transport et de distribution de tracts antiallemands
et d’armes entre Paris et la Bretagne. En juillet 1943, il participe à l’attaque de
la prison de Quimper pour libérer 27 résistants emprisonnés. Remarqué pour ses qualités
organisationnelles, il prend de plus en plus de responsabilités au sein des FTP dans
le Finistère puis sur l’ensemble de la région Bretagne. Début janvier 1944 à Quimper,
Albert Trividic lui remet 6000 cartes d’alimentation récupérées après une opération
à la mairie de Plouhinec à destination des jeunes maquisards et réfractaires du Finistère
ainsi que plusieurs cachets de mairie du canton de Pont-Croix qui devaient servir
à la confection de fausses cartes d'identité. En avril 1944, lors de la réunion des
mouvements de Résistance au sein des FFI, il est nommé chef du 3e bureau de la subdivision M1 Normandie (Manche, Calvados, Eure) pour la mise en place
du plan vert et du plan Action-tortue avec le grade de commandant FFI. C’est à ce
titre qu’il est présent le 16 mai au soir à Argentan au domicile d’Albert Barrière
situé au 15, rue Fernand Buisson, pour y rencontrer des responsables régionaux de
la Résistance parmi lesquels, entre autres, le général Allard, chef de la subdivision
M4, Régis des Plas
, figure de l’ORA, Valentin Abeille et Jean-Charles Kammerer, tous deux délégués militaires
régionaux, mais aussi Daniel Desmeulles
, André Mazeline et Marcel Barraqué
. Informé de cette réunion majeure des chefs de la Résistance, Bernard Jardin et les
hommes la Sipo-SD procèdent à une vaste rafle le lendemain matin. Jean Moreau, qui a passé la nuit
à la boucherie de la famille Rycroft
, est arrêté aux côtés de Pierre Tumoine
et de Marcel Barraqué. Ce même jour, Albert Barrière et Robert Dugué
sont aussi interpellés à leur domicile. Après avoir été torturé, Jean est conduit
à la prison d’Alençon puis au Mans pour y être interrogé par la Sipo-SD. Il est à nouveau interné au château des Ducs à Alençon à une date indéterminée.
Le 9 août 1944, trois jours avant la libération d’Alençon, Bernard Jardin et ses hommes
quittent la ville en ayant pris soin d’emmener avec eux sept résistants encore internés
au château des Ducs. Lors d’une étape au château de Brotz, à L’Hôme-Chamondot, dans
le Perche ornais, les auxiliaires français du Sipo-SD, parmi lesquels le sinistre Gilbert Bertaux, procèdent à l’exécution sommaire de
cinq d’entre eux après leur avoir fait creuser leur propre tombe dans un bois situé
près du château. Jean Moreau tombe sous les balles des collaborateurs français aux
côtés de Fernand Chasseguet
, Jean Mazeline
, François Bouilhac
et Alfred Frémiot
. Quelques jours plus tard, leurs corps sont exhumés puis réinhumés dans le cimetière
de L’Hôme-Chamondot. Celui de Jean Moreau sera déplacé à Douarnenez quelques semaines
plus tard.
Le nom de Jean Moreau est inscrit sur la stèle commémorative située en lisière du bois de Brotz ainsi que sur les monuments aux morts de L’Hôme-Chamondot et de Douarnenez (Finistère).
Sources : SHD-Caen : 21 P 600810 ; EC (Pouldavid-sur-Mer) ; AERI, La Résistance dans l’Orne, cédérom ; memorialgenweb.org
Sébastien Beuchet
Mots-clés :
- 10-10-1910
- Pouldavid-sur-Mer, Finistère
- Pouldavid-sur-Mer, Côtes-du-Nord
- Caen, Calvados
- NA-5-1944
- Argentan, Orne
- Argentan, Orne
- Alençon, Orne
- 9-8-1944
- L'Hôme-Chamondot, Orne




