Vestiges de la Seconde Guerre mondiale

Nom du site : Batterie Tourville
Type de site : 1 - Position de tir
Commune : GREVILLE-HAGUE

Désignation

Un projet national paru le 1er juillet 1920 et intitulé « projet de programme de l’armement du littoral en artillerie » prévoyait pour Cherbourg de compléter la défense côtière du port militaire par un ensemble de batteries d’artillerie dont certaines équipées de tourelles armées de canons de 340 mm (type tourelles de cuirassés). Au fil des années, les réalités budgétaires ramenèrent le nombre des projets de batteries de ce type de 3 en 1922, à 2 en 1926, pour finalement en 1936 n’en programmer qu’une seule à réaliser à l’ouest du port de Cherbourg (Moulins, 2011). Le 4 juillet 1936 est créée la Commission Locale d’Étude des Projets des Ouvrages de Côte (CLEPOC), sa mission est de définir les modalités de mise en place d’une batterie de deux tourelles cuirassées, armées chacune de 2 canons de 340 mm modèle 1912, reliées et alimentées par un réseau de souterrains. Dans son procès verbal n°1 du 14 août 1936, la CLEPOC propose deux positions possibles sur la commune de Gréville-Hague, la première entre le hameau aux Ducs et le hameau de Gruchy, la seconde au sud du rocher du Castel Vendon (Moulins, 2011). Le PV n° 2 du 7 septembre 1936 mettra en avant le net avantage de la position du Castel Vendon. Cet avantage est principalement lié à la présence proche de la vallée encaissée du ruisseau du Castel qui permettra un bon point d’attaque pour le creusement des galeries ; de plus, les déblais issus des travaux pourront y être entassés ; enfin, les baraquements destinés à l’équipage de la batterie y seront à l’abri des tirs venus de la mer. Le seul point avancé en défaveur du site du Castel Vendon est le détournement nécessaire de la route touristique (actuelle D45) estimée trop proche de l’une des tourelles et qui risque, selon les membres de la CLEPOC, d’entraîner des protestations de la part des municipalités qui « accueillent de nombreux touristes à la belle saison » (l’emplacement de la tourelle sera par la suite modifiée, et la route ne sera pas détournée). Le PV n°4 du 24 février 1937 définit les missions de la batterie : La mission principale est la défense maritime des abords nord et ouest de Cherbourg, le tir de la batterie doit recouper celui de celle du Brulay à Fermanville (batterie de 4 pièces de 194 mm en projet) pour empêcher tout navire de bombarder l’arsenal de Cherbourg à moins de 30 km. La zone battue en mer sera en tir direct de 35 000 m vers le nord, et en tir indirect jusqu’au parallèle de « cap Carteret », l’île d’Aurigny se trouvant dans le secteur battu. La mission secondaire est le « tir contre la terre » : la zone de terre, battue en tir indirect, suit une ligne reliant Surtainville, Bricquebec, les abords nord de Valognes, Saussemesnil et Théville (28 000 m de portée). C’est dans le PV n°4 qu’est proposé, dans un but de discrétion, de dénommer la batterie : « S’il y a un inconvénient à désigner cette batterie par le nom d’un emplacement porté sur la carte marine (le rocher de Castel Vendon), la commission propose de l’appeler par exemple Batterie Tourville ». Concernant l’installation de la batterie, la commission a étudié les 3 éventualités suivantes : - la construction complète de l’installation en galeries, - la construction en galeries avec un poste de direction de tir indépendant du reste de l’ouvrage, - la construction en galeries des soutes et du poste de direction de tir et la construction en surface des usines sous abris bétonnés (à flanc de coteau dans la vallée du ruisseau du Castel). Si cette dernière solution est, sur le moment, privilégiée, elle sera ultérieurement remplacée par la première qui présente une meilleure protection de l’installation pour un coût sensiblement identique. Toujours dans le PV n°4, la CLEPOC aborde le problème du camouflage de la batterie. Suite à une mission menée sur le torpilleur le Flamboyant, le 11 février 1937, il est constaté que les tourelles se défileront sur un fond boisé, il est donc prévu de les camoufler par une peinture appropriée et de les dissimuler par la plantation de haies supplémentaires. Les déblais issus du creusement des galeries seront déversés dans le ravin en évitant les coteaux visibles de la mer. Les haies seront replantées ou créées avec la végétation avoisinante, on laissera les landes à fougères et ajoncs coloniser les parcelles où se trouveront les tourelles, ainsi que les parcelles voisines. Les casernements pour l’équipage seront mis en place sur le versant ouest de la vallée de façon à assurer le défilement à la vue et aux coups venus de la mer. Toujours dans un but de discrétion, il est prévu que ces bâtiments soient construits « dans le style des maisons du pays ». Il semble intéressant de noter ici que, si toutes les précautions semblent prises vis à vis du défilement par rapport à la mer, il n’est aucunement fait mention d’une éventuelle opération d’observation (voir d’attaque) aérienne (éventualité pourtant bien réelle à cette époque). Le PV n°5 du 15 juin 1937 constitue le texte de l’avant projet de la batterie Tourville. Le batterie se décomposera donc ainsi : à une vingtaine de mètres sous chaque tourelle se trouvera tout le dispositif nécessaire à leur fonctionnement, c’est à dire deux soutes à projectiles et trois soutes à gargousses (sacs de poudre) pour 200 coups par tourelle, une usine électrique principale constituée d’un (tourelle 2) ou deux (tourelle 1) groupes électrogènes de 530 KW, une usine électrique auxiliaire constituée d’un groupe électrogène de 80 KW, un local des filtres et des ventilateurs, une chambre à air, un local des bouteilles à air comprimé, un local de veille, un atelier, un local à combustible et un local des réfrigérants. Ces deux ensembles porteront les noms d’ « usinetourelle 1 », ou « ouvrage A », à l’est, et « usine-tourelle 2 », ou « ouvrage B », à l’ouest. Une galerie dite « galerie principale » de 260 m de long (2,80 m de large par 3,50 m de haut sous clef) reliera les deux usines-tourelles à une entrée principale située dans la vallée du ruisseau du Castel, au niveau du moulin Sterlingot (ou moulin de Gruchy). Il est prévu que cette entrée, dont les murs et plafonds feront jusqu’à 3,50 m d’épaisseur, soit équipée d’une mitrailleuse de 13,2 mm sur affût double ; de plus, contre un éventuel « coup de main », 6 fusils mitrailleurs et 200 grenades seront mis en réserve dans le casernement qui sera construit devant l’entrée (Le PV n°6 du 31 janvier 1938 préconisera en plus l’ajout d’une cloche métallique pour guetteur-mitrailleur). De l’usine tourelle 1 partira une galerie dite « galerie de liaison » de 300 m de long (1,50 m de large pour 2,50 m de hauteur sous clef) qui desservira le poste de direction de tir de la batterie, dit « ouvrage C ». Ce poste sera situé au nord du site, sur la ligne de crête de la falaise surplombant la mer et où seront aussi installés deux canons de 37 mm. Une troisième galerie, dite « galerie secondaire » de 142 m de long reliera le poste de direction de tir à une seconde entrée située dans la partie aval de la vallée (cette entrée aura les mêmes caractéristiques que la première). C’est par cette galerie que s’écouleront par gravitation les eaux usées, de condensation et d’infiltration de l’ensemble du dispositif. En front de mer, sous le poste de direction de tir, un projecteur de grande puissance doit être installé dans un petit abri souterrain. Pour la clôture du site, on prévoit 2500 piquets en fer, 100km de fils barbelés, 150 chevaux de frise, 1000 sacs de terre, 10 pelles, 10 pioches...et 100 pièges à loups. L’estimatif global du coût des travaux de terrassement et de bétonnage est de 34 641 000 frcs (sans compter le coût des tourelles, du projecteur et de son abri, des groupes électrogènes et des appareils de conduite de tir). L’équipage de la batterie s’élèvera à 155 hommes dont 3 officiers, 25 maîtres principaux, maîtres et seconds maîtres, et 127 quartiers maîtres et marins (dont 32 aux tourelles, 36 aux soutes, 10 au poste de direction de tir, 2 au poste de direction auxiliaire du fort central de la rade de Cherbourg, 16 au poste de commandement, 28 aux usines et 3 au projecteur). Pendant toute la durée des travaux, une attention particulière est portée à la discrétion du projet et à la dissimulation du chantier. Comme expliqué précédemment, les déblais issus des creusements de galeries sont déposés au fond de la vallée du ruisseau du Castel, hors de vue de la mer. A ce sujet, une note du PV n°4 de la CLEPOC faisait remarquer qu’en temps de paix, les paquebots transatlantiques passaient à 8 000 m de la côte et que des photographies seraient inévitablement prises vers le littoral, il faudrait donc prendre soin de ne rien laisser pouvant indiquer les travaux dans la falaise et sur le plateau proche de celle-ci. Un arrêté de la préfecture maritime est pris le 26 octobre 1938 pour interdire la circulation du public sur le terrain militaire. Le long de la route longeant le chantier, sont mis en place des panneaux portant la mention « Terrain militaire - Défense de pénétrer et de photographier » (Maurice Lerouvillois, habitant de Gréville Hague, com. pers., 2011). Les ouvriers doivent être de nationalité française, certains sont soumis à des enquêtes de moralité. Une liste du personnel œuvrant sur le chantier doit être adressée tous les 15 jours par l’EITP à la direction des travaux maritimes. Le 16 janvier 1939, l’effectif sur le chantier est de 60 hommes, ce chiffre ne cessera d’augmenter jusqu’à la déclaration de guerre, date à laquelle il s’élèvera à 225 hommes (le chantier étant prévu à terme pour environ 300 hommes). Si l’on excepte un camion tombé dans un ravin en mars 1939 et un blessé suite à une chute le 28 avril 1939, le début des travaux se déroule comme prévu. On met en place sur le site une usine de concassage/criblage, une usine à béton, des ateliers, un laboratoire et des bureaux. Aussi, quand un courrier daté du 1er juin 1939, de M. le ministre de la Marine à la direction des travaux maritimes, et classé confidentiel, demande l’accélération des travaux avec pour objectif la livraison d’une des deux tourelles opérationnelle pour fin 1941 (c’est à dire avec un an d’avance par rapport au programme), l’EITP propose un nouvel échéancier dépassant largement les attentes de la Marine en prévoyant la livraison de l’intégralité de la batterie pour le 1er décembre 1940, moyennant une plus-value du montant des travaux de 10 %. Afin d’éviter toute augmentation de coût, la Marine s’en tiendra à la livraison en urgence d’une seule des deux tourelles et du poste de direction de tir. Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne nazie. A partir de ce jour, l’organisation du chantier de la batterie Tourville va s’en trouver bouleversée. Depuis le 23 août 1939, 41 employés d’EITP à GrévilleHague ont été mobilisés (dont 4 chefs sur le chantier, mais aussi la plupart de ceux travaillant dans ses services administratifs de Paris). Le 6 septembre 1939, Robert de Beauchamp, directeur des travaux maritimes, adresse à l’EITP l’ordre de réquisition collective du personnel du chantier de Gréville-Hague. Il lui demande la liste des ouvriers non mobilisables, ainsi que celle du matériel, il lui rappelle aussi la loi du 14 juillet 1938 (article 31) : « à la mobilisation......quiconque n’obéit pas à un ordre régulier de réquisition ou abandonne le service public, établissement ou entreprise soumis à réquisition auquel il est personnellement requis est passible d’une peine de six jours à cinq ans d’emprisonnement ». Le 7 septembre 1939, l’EITP transmet aux travaux maritimes des ordres reçus de réquisition des explosifs et d’un bâtiment pour le logement des troupes. L’ordre concernant les explosifs (indispensables au creusement des galeries) ne sera finalement pas appliqué. Le 14 septembre 1939, l’entreprise fait part de difficultés dans la conduite de ses ouvriers à cause, semble-t-il, d’offres d’embauches mieux rémunérées sur « la place de Cherbourg » (un ouvrier est à cette occasion licencié pour l’exemple). Le 25 septembre 1939, le chantier a perdu 122 ouvriers qui ont été mobilisés. Le 3 octobre 1939, tous les chauffeurs de pelle sont mobilisés ; le 20, pour la même raison, il n’y a plus de camionneurs pour le transport du ciment depuis Montebourg. Le 13 octobre, un éboulement de plusieurs centaines de m3 se produit lors du creusement des galeries, bien d’autres auront lieu par la suite. Afin de dissimuler les éclairages dans les puits, nécessaire au travail de nuit, l’EITP propose, le 4 novembre 1939, la construction d’un toit de 441 m² formé de 7 fermes en bois recouvertes de carton bitumé et de bâches (mais aucun document ne confirme la réalisation de cet ouvrage). Le 4 novembre 1939, il n’y a plus de fournisseur de sable fin pour la confection du béton. Le 9 décembre 1939, dans le but de palier le manque d’effectif et de garantir la cadence des travaux, l’EITP demande l’autorisation d’embaucher de la main d’œuvre étrangère dans une proportion n’excédant pas 15% du total des ouvriers. Cette demande lui est refusée le 14 décembre 1939. Le 26 janvier 1940, il n’y a plus sur le chantier que 110 à 120 présents sur les 180 ouvriers inscrits. Le 16 février 1940, suite à une tempête de neige, l’électricité est coupée, ce qui entraîne une panne des pompes à eau et une inondation des magasins situés sous le radier des galeries et usines-tourelles. Dans un courrier du 18 mars 1940, l’EITP dit apprendre qu’elle n’aura pas les « cent marocains » qui lui aurait été promis (la direction des travaux maritimes répondra le 23 mars n’avoir fait « aucune promesse formelle » sur ce sujet). On apprend aussi que des annamites ont été proposés à l’entreprise, mais par unités minimum de 250, ce qui est trop important pour les besoins du chantier. Le 8 avril 1940, l’entreprise dépose plainte en gendarmerie de Beaumont-Hague pour abandon de travail contre 6 ouvriers partis pour Paris ; en tout, au cours du chantier, plus de 20 plaintes seront déposées pour les mêmes raisons. Une demande de main d’œuvre militaire est alors adressée le 16 avril 1940 à la direction des travaux maritimes, l’entreprise demande ainsi 4 chauffeurs de poids lourds, 5 charpentiers, 5 boiseurs mineurs et 20 marineurs. Le 4 mai 1940, 12 manœuvres et 4 chauffeurs de poids lourds sont mis à disposition sur le chantier de la batterie Tourville. Le 14 mai 1940, la direction des travaux maritimes de Cherbourg transmet à son service central ce télégramme classé secret : « Apprenons que des belges repliés vont être mis à disposition de la direction de l’artillerie navale, demandons que 25 mineurs, boiseurs et 50 manœuvres nous soient adressés pour accélérer travaux ouvrage Tourville ». Dans un document non daté, il semble que 14 d’entre eux furent recrutés sur le chantier. En mai 1940, le fournisseur de charbon de forge ne peut plus livrer que 100 kg/mois, les besoins étant de 3000 kg/mois (1200 pour la forge, 1000 pour le sécheur de sable et 800 pour le réfectoire), l’entreprise demande alors à la direction des travaux maritimes 1500 kg de charbon (remboursables) tous les 15 jours. Le 20 mai 1940, l’entreprise adresse à la direction des travaux maritimes de Cherbourg, une lettre, présentant ses doléances. Dans ce courrier, on apprend que la baisse de rendement sur le chantier est estimée à 30% en moyenne (20% en surface et 40 à 45% dans les galeries). Pour compenser le manque de camions pour le transport des pierres vers la station de concassage, on utilise des tombereaux à chevaux et des wagonnets poussés par des hommes. La production de béton est bien inférieure aux prévisions, elle devait être d’environ 3000 m3/mois, elle a été de 1436 m3 en mars et 1 020 m3 en avril. De même, le programme de creusement des galeries devait être de 2 500 à 3 000 m3 de déblais/mois, ces 5 derniers mois, il a été de 1 050 m3/mois (En effet, il devrait y avoir 30 à 40 mineurs sur le chantier, il n’y en a plus que 16). Depuis le début de la guerre, le prix de l’essence et de l’huile a augmenté de 27%, le bois de 95%, les aciers ronds de 11,5%, les travaux de chaudronnerie d’environ 50%, les outillages et pièces de rechange de 15 à 20% et le ciment de 20%. En conclusion, l’entreprise dit avoir augmenté ses dépenses de 50% et annonce que les délais de livraison des tourelles seront doublés. Début juin 1940, aucune entreprise ne peut répondre pour la fourniture des portes métalliques, des cuves des réservoirs et des rails des portiques destinés à la manutention des tourelles. Certaines usines devant livrer ces pièces sont désormais occupées. Le 13 juin 1940, un ordre de service de la direction des travaux maritimes demande que tout le personnel de GrévilleHague soit mis à disposition de l’ingénieur Rochelaud pour des travaux à effectuer dans le sud Manche (doivent être emportés les camions, camionnettes, pelles, brouettes et divers autres petits outils), « le délai d’exécution du chantier de Gréville est suspendu ». Le personnel restera dans le sud Manche jusqu’au 17 juin « où l’avance ennemie les a surpris sur place. Une partie importante du matériel et toutes les matières ont été perdues. Lors du retour de notre personnel au chantier [de la batterie Tourville], celui-ci était occupé, les bureaux, l’atelier et les magasins en partie, avaient été dévastés. Les souterrains étaient inondés et le matériel qui s’y trouvait était perdu ». Le personnel des travaux maritimes, dont M. de Beauchamp (directeur), aurait, selon l’EITP, été fait prisonnier. A son arrivée à Gréville-Hague le 18 juin 1940 (Lelion, 2006), l’armée allemande découvre donc un chantier laissé à l’abandon. Le creusement des galeries d’avancement est presque achevé, seul un tronçon de la galerie de liaison entre la batterie et le poste de direction de tir n’est pas creusé. L’évacuation des eaux d’infiltration devant se faire par cette galerie, il en résulte l’inondation de la moitié de la galerie principale et de l’usinetourelle 1 (encore aujourd’hui inaccessible). Les supports des deux tourelles sont partiellement bétonnés ; les usines, locaux, soutes et galeries n’en sont encore qu’à l’état de galeries d’avancement. Le barrage et l’abri de la station de pompage, ainsi que les deux réservoirs non protégés ont été réalisés. Le fond de la partie amont de la vallée a été recouvert de remblais (le ruisseau du Castel est busé sur environ 230 m). Entre le 15 février et le 31 mars 1944, l’état major de la Kriegmarine met en place un nouveau chantier sur le site, celuici aboutit à une batterie dénommée MKB Landemer (MarineKüsten-Batterie Landemer) et constituée de 4 pièces de 15cm S.K.C/28 abritées sous des casemates bétonnées de type M272 . Concernant le chantier Tourville, l’état major allemand aurait envisagé de le reprendre afin de l’adapter à des tourelles armées de canons de 380mm, ce projet porte le nom de MKB Gréville (Chazette, 2011). Aucune preuve ne vient cependant démontrer un commencement de mise en exécution de ce projet. La Libération de Gréville Hague par l’armée américaine, le 30 juin 1944 (Lelion, 2006), mettra un terme à tous les travaux de fortifications côtières entrepris sur le site. En définitive, malgré de nombreux projets, la Marine nationale ne parviendra à mettre en place que deux batterie du type de celle prévue pour Gréville-Hague : la Batterie de Cépet (rade de Toulon) et celle d’El Metline (Bizerte, Tunisie). Texte aimablement fourni par Sébastien Houillier, garde du littoral du secteur de la Hague. Article intitulé "Le Castel Vendon, l’histoire d’un chantier titanesque, " dans Archéologie, Histoire et Anthropologie de la presqu’île de la Hague (Manche) - Volume 5. Ce cinquième volume recueille les travaux menés au cours des années 2010-2011 sur l’Archéologie, l’histoire et l’anthropologie de la presqu’île de la Hague (Manche). Ces travaux font suite à un programme d’études conduit depuis 2005 par une équipe interdisciplinaire dans le cadre des « projets collectifs de recherche » réalisés sous l’égide du Ministère de la Culture

Photographie(s)

Présentation

Secteur allemand : KVA J1 KVU Gruppe Cherbourg See

Secteur Pinczon du Sel : De Jardeheu à Querqueville

Typologie allemande : Küsten-Artillerie-Batterie

Typologie anglaise : Coastal artillery battery

Typologie française : Batterie d’artillerie côtière

Armement : marines alliees

Nombre d'élément du site : 3

Nombre d'éléments visible du site : 3

Taux de visibilité : 100 %

Approche patrimoniale

Intérêt exceptionnel : oui

Protection au titre des Monument Historique : non

Communication des données : oui

ZPPA : non

Période de construction : antérieur à 1940

Propriétaire : public

Suivi

Auteur : Stéphane Lamache

Date de rédaction : 13/10/2019

Auteur de la mise à jour : Stéphane Lamache

Date de la mise à jour : 18/02/2020

Le site est localisé sur le territoire de la commune de Gréville-Hague à l'est du le village et à une altitude de 106 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un relevé topographique de ce site a été réalisé par l'INRAP par image aérienne en Octobre 2019. Un dossier iconographique a été réalisé sur l'ensemble des éléments composant ce site. Aucune protection de ce site n'a été mise en place à la date de la réalisation de cette fiche.

S006_E001

Nom du site : Batterie Tourville
Type de site : 1 - Position de tir
Descripteur : Encuvement d’artillerie

Désignation

Ce "puits" grand ouvert à l'air libre porte à l'origine la dénomination d'"usine-tourelle 2", ou "ouvrage B", celle située la plus à l’ouest de la Batterie Tourville. Une galerie dite « galerie principale » de 260 m de long (2,80 m de large par 3,50 m de haut sous clef) reliera les deux usines-tourelles à une entrée principale située dans la vallée du ruisseau du Castel, au niveau du moulin Sterlingot (ou moulin de Gruchy). A terme, cette tourelle aurait dû être équipée de de 2 canons de 340 mm modèle 1912. L'ouvrage n'a jamais été achevé, ou tout du moins ce puits n'a jamais été chapeauté par la susdite tourelle.

Photographie(s)

Gros œuvre

Type de matériau : béton armé

Technique de construction : coffrage

Artillerie

Pièce d'artillerie présente au 6 juin 1944 : non

DCA (Flak) : non

Approche patrimoniale

Elément visible : oui

Niveau de dégradation : indéterminé

Etat sanitaire : indéterminé

Environnement : zone naturelle non exploitée

Danger : oui

Période de construction : antérieur à 1940

Source localisation : Geoportail

Précision localisation : précis moins 1m

Propriétaire : Conservatoire du Littoral

Intérêt exceptionnel : oui

Protection au titre des Monument Historique : non

Communication des données : oui

S006_E002

Nom du site : Batterie Tourville
Type de site : 1 - Position de tir
Descripteur : Encuvement d’artillerie

Désignation

Ce "puits" grand ouvert à l'air libre porte à l'origine la dénomination d'"usine-tourelle 1", ou "ouvrage A", celle située la plus à l’est de la Batterie Tourville. Une galerie dite « galerie principale » de 260 m de long (2,80 m de large par 3,50 m de haut sous clef) reliera les deux usines-tourelles à une entrée principale située dans la vallée du ruisseau du Castel, au niveau du moulin Sterlingot (ou moulin de Gruchy). A terme, cette tourelle aurait dû être équipée de de 2 canons de 340 mm modèle 1912. L'ouvrage n'a jamais été achevé, ou tout du moins ce puits n'a jamais été chapeauté par la susdite tourelle.

Photographie(s)

Gros œuvre

Type de matériau : béton armé

Technique de construction : coffrage

Artillerie

Pièce d'artillerie présente au 6 juin 1944 : non

DCA (Flak) : non

Approche patrimoniale

Elément visible : oui

Niveau de dégradation : indéterminé

Etat sanitaire : indéterminé

Environnement : zone naturelle non exploitée

Danger : oui

Période de construction : antérieur à 1940

Source localisation : Geoportail

Précision localisation : précis moins 1m

Propriétaire : Conservatoire du Littoral

Intérêt exceptionnel : oui

Protection au titre des Monument Historique : non

Communication des données : oui

S006_E003

Nom du site : Batterie Tourville
Type de site : 1 - Position de tir
Descripteur : Galerie souterraine

Désignation

Vaste réseau de galeries souterraines jamais achevé. Une galerie dite « galerie principale » de 260 m de long (2,80 m de large par 3,50 m de haut sous clef) relie les deux usines-tourelles à une entrée principale située dans la vallée du ruisseau du Castel, au niveau du moulin Sterlingot (ou moulin de Gruchy).

Gros œuvre

Type de matériau : béton armé

Artillerie

Pièce d'artillerie présente au 6 juin 1944 : indéterminé

DCA (Flak) : non

Approche patrimoniale

Elément visible : oui

Niveau de dégradation : indéterminé

Etat sanitaire : indéterminé

Environnement : zone naturelle non exploitée

Danger : oui

Période de construction : antérieur à 1940

Source localisation : Geoportail

Précision localisation : précis moins 1m

Propriétaire : Conservatoire du Littoral

Intérêt exceptionnel : oui

Protection au titre des Monument Historique : non

Communication des données : oui