Vestiges de la Seconde Guerre mondiale

Nom du site : La Motterie
Type de site : 1 - Lieu de détention pour militaires
Commune : LA GLACERIE

Désignation

Un camp pour prisonniers allemands (camp de travail 112A) est implanté sur les arrières de la montagne du Roule, au lieu-dit La Motterie, au tout début du mois d’août 1944. Les Américains choisissent le terre-plein situé sur la commune de la Glacerie, qui surplombe Cherbourg et son agglomération, à une hauteur approximative de 129 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce camp a une importance particulière pour les autorités militaires américaines. Elles vont y expérimenter des méthodes visant à mettre les prisonniers allemands au service de leur Armée, et cela à grande échelle. Les résultats auront valeurs de test grandeur nature. Cet emplacement est donc extérieur à la ville elle-même, mais il permet un accès rapide au port où les soldats allemands devront se rendre six jours sur sept, au mieux en camion, au pire par leurs propres moyens. Ce camp de prisonniers de guerre est initialement prévu pour accueillir 6 000 âmes, mais les besoins en main-d'oeuvre sur le port sont tels qu’il se trouve vite surpeuplé. Le 5 septembre 1944, 9 325 Allemands y sont détenus, dont 8 500 se révèlent aptes pour le travail. On a dressé sur cette lande naguère sauvage des tentes dites pyramidales pour environ 4 000 prisonniers, le gros de la troupe occupant encore des petites tentes utilisées par les GI’s en période estivale. Mois après mois, de nouveaux contingents de prisonniers affluent au camp de la Glacerie. En mai 1945, sa capacité atteint 25 000 hommes ; on est donc loin de ses capacités initiales. Les prisonniers dorment toujours sous des tentes. Cela laisse entrevoir des conditions de vie particulièrement difficiles en période hivernale, cette zone étant de par sa situation très exposée aux vents et la pluie. Á ce camp s’ajoute celui de la commune de Nacqueville, dont les travaux commencent en septembre 1944. La proximité de ce site avec le port est là aussi un facteur déterminant dans le choix des autorités américaines. Mais, par la force des choses, ce camp jouxte également l’agglomération Cherbourgeoise ; le nombre de détenus (20 000) s’avère très important si on le compare avec la population civile. Il apparaît en outre que la densité de prisonniers dans la Normandy Base Section a menacé l’organisation interne des camps. D’ailleurs, à compter du mois d’octobre 1944, les services du Provost Marshal ne cachent pas que la situation est devenue de plus en plus tendue, ceci en raison de l’afflux incessant des prisonniers de guerre. En février 1945, la surpopulation des camps de la Glacerie et de Nacqueville oblige d’ailleurs les Américains à ouvrir un nouveau camp au hameau Quevillon, sur la commune de Tourlaville. Le camp de travail 112A passe sous le commandement des autorités françaises en août 1945 et fermera ses portes en Octobre 1946. Tous les prisonniers allemands ne sont pas affectés au travail dans cette région septentrionale de la Manche. Ce complexe est en fait divisé entre un camp de travail et un camp de transit, à l’instar des principaux camps de prisonniers créés par les Américains dans la Normandy Base Section. Comme leur nom l’indique, les camps de transit ne font qu’accueillir les captifs avant que ceux-ci ne soient dirigés vers un lieu de détention définitif. Entre août 44 et mai 1945, pas moins de tente cinq camps secondaires sont réalisés dans la Normandy Base Section. En général, c’est le Génie américain qui prend en charge la réalisation du gros-œuvre, essentiellement les tours de garde et l’enceinte du camp. Les prisonniers assurent quant à eux la construction des baraquements administratifs et des commodités. Par la quantité de captifs mis à leur disposition, ce sont ces mêmes unités du Génie qui deviennent les premières utilisatrices de cette main-d’œuvre. Pour parfaire cette organisation, des unités spécialisées dans la garde des prisonniers de guerre sont détachées dans le Nord Cotentin, ceci afin de prévenir toute évasion de ces camps implantés dans une zone militaire sensible. En raison de l’afflux massif de prisonniers dans la région de Cherbourg entre le 1er octobre et le 30 novembre 1944, l’état-major du 4th Port décide de mettre en chantier un nouveau camp aux capacités très supérieures à celles du fort du Roule. En septembre 1944, Nacqueville, commune située à l’ouest de Cherbourg, est choisie pour y implanter des infrastructures pouvant accueillir 20 000 hommes. Ce camp situé à proximité du château de Nacqueville ne devient opérationnel qu’à compter du 27 décembre 1944. En mars 1945, les Américains décident d’agrandir le dispensaire médical de ce camp qui, à l’origine, ne pouvait accueillir que 300 patients. Dorénavant, cet hôpital pourra soigner 1 000 soldats allemands, dont la plupart se trouvent en captivité dans la région de Cherbourg. Pour la seule NBS, cette collaboration assez particulière aura permis l’édification de quelques 79 PW Enclosures, pour une capacité totale annoncée de 103 600 hommes. Les plus petits de ces camps accueillent 250 hommes ( il en existe 14 ), les plus grands, appelés camps centraux, peuvent regrouper 20 000 captifs ( on en compte 3 dans la NBS ). Ces chiffres fournis par les services du Génie américain ne disent rien de l’éventuelle surpopulation dans ces camps. Il est possible de se livrer à un simple calcul sur la base du nombre de ces camps et de celui des prisonniers de guerre allemands qui sont censés se trouver dans la Normandy Base Section à la fin de la guerre. Le 30 mars 1944, les services du Provost Marshal, le chef de la Military Police, comptabilisent 226 703 soldats allemands internés dans toute la NBS. Un mois plus tard, ils sont 413 514 à avoir rejoint ce territoire. Si l’on tient compte des capacités affichées par les Américains, 60 000 prisonniers en tout devraient être gardés dans les trois camps principaux, quand 3 500 seraient détenus au sein des 14 camps secondaires. Il reste donc 62 camps pour accueillir une population de 350 014 prisonniers, ce qui correspondrait approximativement à une capacité d’accueil de 5 645 prisonniers pour chacun de ces camps. Quoi qu’il en soit, le problème réside toujours dans l’inadéquation entre le nombre de prisonniers de guerre allemands présents au 31 avril 1944 et la capacité d’hébergement totale des camps annoncée originellement par le Génie américain ( 103 600 hommes ). Un calcul très simple aboutit à la conclusion suivante : 307 914 prisonniers se trouvent alors en excédent. Selon l'historien Valentin Schneider, La Glacerie était un camp central mais aussi plusieurs camps de travail (dont celui qui avait fait l’objet d’une fouille archéologique) - le camp central (alors appelé CCPWE #20) est cédé à la France avec environ 20.000 prisonniers allemands le 11 août 1945, le camp devient alors le « dépot 301 » (« composé en septembre 1946 de baraques et de tentes au milieu de gazon et de parterres de fleurs, extrêmement accueillant », selon la Croix-Rouge) qui sera transféré à la caserne Rochambeau en octobre 1946.

Présentation

Armement : armées de terre alliées

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Approche patrimoniale

Intérêt exceptionnel : oui

Protection au titre des Monument Historique : non

Communication des données : oui

ZPPA : non

Période de construction : 6 juin – 15 novembre 1944 (fermeture du port d'Arromanches)

Propriétaire : privé

Suivi

Auteur : Stéphane Lamache

Date de rédaction : 05/11/2018

Auteur de la mise à jour : Stéphane Lamache

Date de la mise à jour : 22/12/2020

Le site est situé sur la commune de la Glacerie à une hauteur approximative de 129 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un relevé topographique de ce site a été réalisé par l'INRAP sur la base d'une image aérienne en 2018. Un rapport très détaillé faisant suite à la réalisation de fouilles préventives a été publié en Novembre 2011 sous la direction de Robert Early et Catherine Person Avec la collaboration de Alan Hardy (Oxford Archaeology), Nathalie Lemarcband (CréCET), Jane Phimester (Oxford Archaeology), Christophe Prime (Mémorial de Caen) et lan Scott (Oxford Archaeology) Infographiste : Markus Dylewski Code INSEE n<>: 50203 N" de site : 50.203.0013 Arrêté de prescription de fouille archéologique n° 16-2008-114 du 28 Juillet 2008 Arrêté préfectoral d'autorisation de fouille n°16-2008-15 1 du 4 Décembre 2008 Code Opération Patriarche : 2505