| Nom du site : Le Boulay |
| Type de site : 1 - Cantonnement et administration |
| Descripteur : Terrain de sport ou de loisirs |
Cette piscine de 20 mètres de long sur dix mètres de large pour 2,50 mètres de profondeur est équipée de plongeoirs. Il était difficile d'évaluer son état général de conservation tant la végétation s'était emparée du site. Il n'en restait pas moins que la présence d'une telle infrastructure sur les arrières de Cherbourg paraissait étonnante. Cela demeure à ce jour un des rares ouvrages de ce type inventorié en Basse-Normandie. En 2022, une association de Martinvast a entrepris de nettoyer la piscine et ses abords, chose qui a permis d'apprécier son état de conservation qui demeure assez bon. La finalité de ces travaux était d’en faire un des obstacles majeurs d’une course d’obstacles appelée la Haute Folie. Voilà bien un changement de destination original pour un vestige de l’Occupation allemande. Le texte suivant a été rédigé afin que la susdite association puisse mettre en valeur cet ouvrage insolite : "Un promeneur qui découvrirait inopinément l’existence de cette piscine construite au milieu d’un champ serait sans doute surpris de connaître son histoire : son origine remonte en fait à la période de l’Occupation. Entre 1940 et 1944, Cherbourg devient un maillon essentiel du fameux Mur de l’Atlantique. Des unités allemandes sont alors stationnées dans et aux alentours de la ville portuaire. A Sideville, au lieu-dit le Boulay ainsi que dans le bois du Mont du Roc, un camp constitué essentiellement de baraquements en bois voit le jour à une date indéterminée. Une carte allemande de 1944 nous apprend que le site était codé Wn 528 et qu’il aurait accueilli une ou des unités de la Luftwaffe (l’armée de l’air allemande). Les principaux vestiges liés à cette époque demeurent cette piscine ainsi qu’un vaste abri bétonné pour personnels. Il faut ajouter une guérite qui est toujours visible en bord de route, sentinelle silencieuse de ce camp pour la troupe jadis important. Pour en revenir à cette piscine, d’autres infrastructures de ce genre ont été construites par et pour les Allemands dans la région de Cherbourg (au château de Tourlaville par exemple), mais celle-ci est de loin la plus remarquable par ses dimensions et son état général de conservation. Jusqu’en 2022, il était difficile de seulement l’entrevoir tant la végétation avait repris ses droits. C’est alors qu’une association de bénévoles de Martinvast (association Martinvast festivités) entreprit la difficile tâche de la débroussailler ainsi que ses abords. A la suite de ce grand nettoyage, la mémoire des « anciens » refit en quelque sorte surface : on savait qu’à la Libération, les Américains s’étaient installés au Boulay pour quelques mois. Mais une fois la guerre finie, des locaux s’étaient à leur tour appropriés cette aire de loisirs providentielle, et cela jusque dans les années 60. Une fois abandonnée aux racines et aux ronces, son souvenir aurait pu disparaître à tout jamais. Redonner vie à cette piscine allemande qui a survécu au temps démontre, s’il en était besoin, que l’Histoire est un éternel recommencement".

