| Nom du site : Le Mingrelin |
| Type de site : 1 - Centre hospitalier | Commune : SAINT-HILAIRE-PETITVILLE |
Dans la région de Carentan, les Américains établirent un vaste périmètre réservé exclusivement aux soins des blessés. Les GI’s étaient directement acheminés du front par la voie ferrée. Dès la mi-août 44, les 2d, 5th, 25th, 30th, 32d General Hospitals sont déjà à pied d’œuvre dans cette région. L’un d’eux, le 50th General Hospital, a été construit peu après la libération de Carentan sur la commune de Saint-Hilaire-Petitville. Le Carentanais, Louis Delaunay, natif de ce petit village et âgé de 23 ans à l’époque, se souvient de la construction de cet hôpital de campagne : « Notre maison familiale se trouvait dans l’hôpital et avait failli être démolie pour permettre son extension. On a dû se bagarrer pour empêcher cela. » Dans un premier temps, des tentes sont installées sur un vaste périmètre. Dès sa création, les combats qui ont lieu dans le Sud de la Manche font que les blessés américains, allemands et même français affluent dans ce camp. Ce n’est que plus tard que les Américains édifieront des baraques. Louis Delaunay évoque l’organisation américaine et compare cet hôpital à une « vraie petite ville ». Il a d’ailleurs travaillé aux cuisines, ce qui lui offrait un poste d’observation privilégié sur ce qui se passait dans la place. Selon lui, « les Américains avaient tout apporté, même de la nourriture », et il détaille les deux blocs opératoires ultramodernes, les deux chapelles, le puits artésien de 80 mètres de profondeur, qui, pour ce qui est de son alimentation en eau, rendait l’hôpital totalement autonome. Les témoins civils de cette époque considèrent que la capacité du 50th General Hospital atteignait 5 000 à 7 000 lits. Le 18 Novembre 1944, les personnels de l’hôpital américain quittent Saint-Hilaire-Petitville pour Commercy dans la Meuse, cela afin de se rapprocher du front. Les infrastructures sont alors démontés pièce par pièce et il ne reste aujourd’hui aucun vestige visible de cet hôpital, ce qui pourrait faire douter les Carentanais nés après la guerre qu’un tel camp ait jamais existé par le passé.
Le site, très vaste, est localisé à l'intérieur des terres sur la commune de Saint-Hilaire-Petitville, en partie sur le lieut-dit "Le Mingrelin". Il ne reste rien de visible de camp gigantesque implanté par les Américains après la libération de Carentan (12 Juin 1944). Un relevé topographique de ce site a été réalisé par l'INRAP sur la base d'images aériennes prises le 11/05/1945. La mairie a été contactée au sujet d'éventuelles destructions d'ouvrages sur son territoire. Les propriétaires ont été questionnés sur la présence d'éventuels vestiges sur leur terrain. Aucune protection de ce site n'a été mise en place à la date de la réalisation de cette fiche. Lien utile pour mieux connaître l'historique de cette unité : https://www.med-dept.com/unit-histories/50th-general-hospital/
| Nom du site : “Le Haut-Dick” |
| Type de site : 1 - Infrastructure de transports terrestres | Commune : |
Conçus par Donald Bailey durant la Seconde Guerre mondiale, les ponts Bailey sont considérés comme une des grandes innovations technologiques de la Seconde Guerre mondiale (Bauduin, 2002). Né à Rotherham, dans le Yorkshire, en 1901, Donald Bailey rejoint l'Experimental Bridging Establishement (EBE) en 1928 en tant qu'ingénieur civil. Esquissant son modèle de ponts en 1936, il dépose un brevet d'invention sur le pont modulaire en 1941. Bailey est nommé ingénieur en chef de l'EBE dans la même année et a à charge la construction de ses ponts modulaires. Il est également promu membre de l'Order of British Empire en 1942. Son existence est tenue secrète jusqu'en juillet 1944, où le magasine « The Sphere » dévoile l'inventeur des ponts. Donald Bailey est promu directeur de l'EBE en 1945 et est anobli par Georges VI en 1946. Il décède le 4 mai 1985. En 1939 et 1940, la Grande-Bretagne ne disposait d'aucun modèle de chars ou de ponts permettant de mener à bien la guerre. Le génie disposait de ponts Inglis conçus pendant la Première Guerre, de passerelles Callender-Hamilton, de divers autres franchissements et éléments flottants. Ces dix-sept types de ponts furent tous abandonnés en France après la déroute de Dunkerque en mai et juin 1940. Sollicitant ses différents organismes de génie civils, il propose un pont universel pouvant répondre à un cahier des charges simplifié, mais strict : - facile et rapide à monter, sans engins spéciaux, dont tout élément peut être porté par six hommes au plus ; - conception ultra-simplifiée ; - grande flexibilité : qu'il soit adaptable en longueur et en charge : de trente-cinq à soixante-dix tonnes. L'élément de base pour la construction d'un pont Bailey est le panneau d'acier en diamant, de 1,5 mètres par 3 mètres, composé de dix-sept pièces et pesant 285 kilos. L'ensemble des éléments du pont devaient pouvoir être transportés par camions, voire par DC 3. Au premier mai 1941, un pont de vingt-et-un mètre de long sera monté en l'espace de trente-six minutes. Le Royaume-Uni mobilisa six-cent-cinquante entreprises, dès juillet 1941, pour commencer la production des ponts Bailey. Le premier pont fut utilisé en Tunisie en 1942, à Medjez el Bab. Le lancement des ponts se faisait à l'aide de rouleaux, pouvant supporter une charge de 15 tonnes. Ils pouvaient être montés sur des piliers ou des pontons ayant été conçus spécialement pour les ponts Bailey. Le modèle a également été repris par les américains. Trois entreprises furent chargées de la construction des « Portable Panel Bridge » dis « M2 ». Les pièces des modèles américains étaient interchangeables avec celles du modèle britannique. Les ponts déployés suivaient le front : il n'est donc pas aisé de savoir si ceux actuellement en place sont ceux d'origine. Environs 500 ponts furent déployés par l'armée britannique en Normandie, de même par l'armée américaine. Ainsi, près de 1000 ponts furent lancés en Normandie. De Ouistreham à Caen, vingt-et-un ponts ont été construits sur l'Orne et le Canal, sur six sites. Le premier d'entre eux fut lancé sur le canal de Caen à la mer, au sud du Pégasus Bridge, par les 17ème Field Company et 263ème Field Company des Royal Engineers de la troisième division britannique. Le pont Bailey de Saint-Hilaire-Petitville (50500) est aussi appelé pont de Brévands. Il fut construit lors de l'avancée sur Saint-Lô des forces américaines. Ce pont est encore à son emplacement d'origine et sert à la circulation. Il se trouve au lieu-dit “Le Haut-Dick” et sert à franchir la Taute. Il a été l'objet de travaux en 1983 sans qu’il soit dénaturé. C’est l’un des très rares ponts Bailey encore à son emplacement d’origine. Bibliographie : - Nafilyan A., 2006 : Rapport de présentation, Commission régionale du patrimoine et des sites de 14 mars 2006, Calvados – Orbec – Pont Bailey de l'Orbiquet, Direction régionale des affaires culturelles de Basse-Normandie, Conservation régionale des monuments historiques, 15 février 2006. - Philippe Bauduin, 2002 : Les ponts Bailey, Edition Bertout, 55 pages. - LONG C., 2019 - Saving A British Bailey Bridge : http://www.christopherlong.co.uk/baileybridge/index.html












Géolocalisation faite sur site par la DRAC.
| Type de site : 1 - Hébergement collectif civil | Commune : |
Ce baraquement a été construit à une date indéterminée après la Libération de la Normandie (certainement en 1945, au plus tard en 1946) dans un champ situé à Saint-Hilaire-Petiville à l'emplacement d'un hôpital militaire (voir SAINT-HILAIRE-PETITVILLE-50485_S001). Il s'agirait d'un baraquement canadien essentiellement réalisé en bois et dont le bâti reposait sur un ensemble de panneaux livrés en kits dans des caisses. Ce spécimen a sans doute été démonté et remonté à cet emplacement. D'excellentes photos aériennes nous permettent d'apprécier l'évolution dans le temps de ces camps créés dans la région et réservés initialement aux sinistrés suite aux bombardements destructeurs de juin 1944. Ce baraquement serait l'un des rares représentants de cette époque et de sa catégorie mais ces jours sont désormais comptés. En effet, il y a peu de chances qu'il soit conservé à l'avenir.

